Retraite

Je n’ai pas envie de parler de rechute, non. Je tiens toujours le coup. Je gère mon quotidien. Mais je sens que je tire sur la corde. Je remarque que je ne sais plus me poser depuis des mois (depuis la TS de ma fille) et que mon hyperactivité cérébrale est de plus en plus difficile à contrôler. Je sens qu’il y a une multitude d’émotions que je fuis à nouveau : je comble tous les vides par des coups de fil ou autre. Et je sais dorénavant que cette fuite ne prévoit rien de bon à long terme.

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Le corps qui parle

Le burn-out est le cri de secours du corps. Il essaie de nous dire quelque chose et guérit dès qu’on entend ce qu’il a à nous dire. J’aime cette vision atypique du BO, trop simpliste de façon globale, je l’admets, mais qui me semble particulièrement parlante au niveau des crises d’angoisse.

Laisser la parole à l’enfant qui est en moi (Mes ombres du passé…) m’a fait beaucoup de bien. Alors, si je laissais la parole à mon corps cette fois-ci ? Que pourrait-il avoir à me dire par rapport à mes crises d’angoisses ? ….

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Imagine-toi une crise d’angoisse…

Imagine-toi en pleine nuit, seule, au bord d’une forêt. Tu n’es pas à l’aise, rien que l’idée de la traverser te donne une boule au ventre. Mais tu n’as pas le choix, c’est le seul chemin possible. Tu rentres dans la forêt à tâtons, te bombardant de pensées positives pour contrôler tes craintes. Mais tes pensées sont brouillées par des bruits parasites : le hibou qui ulule, des bruits de mouvements dans les arbres, le vent et, pire, des bruits que tu n’arrives même pas à identifier. Des craquements ? Des pas d’hommes ? Malgré tous tes efforts, ton imagination l’emporte très vite sur ton sang-froid. D’ailleurs, est-ce bien de l’imagination ? N’y a-t-il pas quelqu’un qui te suit dans la pénombre ? Qui peut te le garantir ? Tu résistes un instant en te disant que si tu laisses le bruit s’approcher, tu seras soulagé de voir que ce n’était qu’un petit animal inoffensif…  Mais l’incertitude l’emporte et tu ne contrôles plus rien. Tu n’as plus qu’une solution : fuir, courir le plus vite possible jusqu’à ce que la forêt soit loin derrière toi. Continuer à lire … « Imagine-toi une crise d’angoisse… »

Accepter ta maladie tu feras.

Il m’aura fallu près d’une demi-année de rechutes constantes avant d’accepter que ce burn-out fasse partie de moi. Ma technique des premiers mois ? « Accepter » de s’écrouler quand je m’écroule et se traîner à « rattraper le retard » dès que je tiens debout. Résister, tout faire pour rester soi. Bon, je vous le dis tout de suite, c’est une technique infaillible… pour ne pas guérir. Alors, fonçons découvrir cette troisième leçon : l’acceptation du burn-out.

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Tu avais l’air si heureuse…

« Tu avais l’air si heureuse pourtant ! »…

C’est le cri du cœur que je reçois le plus à entendre depuis que je suis en burn-out. Moi qui avais l’air si heureuse mais qui ai, semble-t-il, juste feint de l’être, ou en tout cas, ne le suis plus. En un claquement de doigts, sans me demander mon avis, on lie ma maladie au malheur. On me retire le droit d’être heureuse. On s’interroge même sur les raisons de ce faux bonheur : « tu as l’air bien pourtant avec ton mari ! », « Tes enfants ont l’air si chouettes ! », « Je pensais que tu aimais ton métier, c’est fou ! ». Et je dois bien avouer que j’ai difficile à encaisser cette vision du bonheur. Car être heureuse fait partie de moi.

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