Les émotions négatives

Tu l’as vite compris en me lisant, j’ai du mal avec les émotions négatives. C’est un gros travail à faire sur moi-même : non pas accepter mais carrément ressentir les émotions négatives. Réussir à être en colère contre des gens que j’aime… Même si je comprends, même si je sais que… Être en colère quand même, ne serait-ce qu’un instant. Sans que ça remette mon amour ou mon amitié en question. Mon passé m’a appris l’inverse et j’ai encore du chemin à parcourir pour ne pas angoisser quand j’ose ne serait-ce que penser du mal de quelqu’un. Mais maître BO me met au défi, comme toujours. 😉

Mon mari fait lui aussi partie de ceux qu’on appelle les « trop gentils ». Et quand j’ai commencé à ressentir les émotions négatives, j’ai eu l’impression qu’il devenait mon pire ennemi. Quand, après des mois de thérapie, j’ai commencé à être péniblement capable d’exprimer du négatif, sa façon de relativiser ce que j’exprimais me faisait hurler d’hystérie :  » MAIS ARRÊTE DE RELATIVISER À MA PLACE P***** (grand changement depuis mon BO, je suis devenue la reine des gros mots 😝). J’AI LE DROIT DE CRITIQUER LES GENS M****, ET NE ME REGARDE PAS COMME SI J’ÉTAIS FOLLE B*****! J’AI LE DROIT DE CRIER !!!!  » Hum, oui, je n’en suis pas fière mais je dois bien avouer que ça donnait un truc dans ce genre. 😉

Mais Petit à petit, je l’entraîne avec moi et on apprend ensemble à se fâcher. C’est con, mais c’est un exercice compliqué. Comme hier, par exemple. Je venais chercher en cuisine ce qu’il fallait mettre à table, il m’a tendu une grosse cuillère en bois puis, voyant que mes mains étaient pleines, s’est approché de moi pour la glisser dans mon t-shirt. Et là – boum – ça explose. Ce geste banal fait partie de ceux que je ne gère plus. Dès qu’on s’approche de moi sans que je m’y attende, mon corps réagit violemment comme si j’était agressé. J’ai fait un bon en arrière en hurlant de me laisser tranquille (ou plutôt de me foutre la paix 😜). C’est instinctif et je me sens folle la seconde d’après, dès que le cerveau néocortex reprend tous ses droits. Lui s’est vexé : « oh ça va, calme tes nerfs, c’était pour rire. » Et moi… Tu devines ? Je me suis vexée qu’il se vexait.🤦‍♀️

Je ne supporte pas qu’on me mette face à l’irrationalité de mon attitude alors que, justement, il n’y a rien de rationnel là-dedans. C’est ma maladie, mon corps, pas moi ! Et je me déteste suffisamment, pas besoin de m’en rajouter une couche ! Sa phrase, c’est comme un couteau dans la plaie. Son regard comme une confirmation que je suis devenue folle. Je me vexe et je m’isole totalement.

Dans ces moments-là, il a toujours la même réaction : « tu veux que j’arrive à mieux exprimer mes émotions mais dès que je le fais, tu te vexes, faut savoir !!! » On ne s’écoute ni l’un ni l’autre, on gueule et on se retrouve chacun dans son coin…. Mais le soir, on se retrouve. Je lui explique que, oui, c’est ce que je veux, mais ça ne veut pas dire que je dois accueillir ses réactions avec le sourire, ça n’a aucun sens au sinon. J’explique à quel point je me sens réduite à cette p***** de maladie quand j’agis comme ça… Il m’explique qu’il le sait mais que – sur le coup- ça l’énerve malgré tout. Il n’y a finalement rien à prendre personnellement, ni pour l’un ni pour l’autre. On papote, on rigole, je me blottis dans ses bras et je m’endors avec une certitude absolue : on avance à deux. Puis je souris en me demandant combien de couples ont l’impression de progresser en s’engueulant plus souvent qu’avant. 😉

6 juillet : les préparatifs

Demain, le réveil sonnera à 4h du matin. Demain, nous allons lever les deux plus petits pour partir à l’aventure durant une semaine. Prendre l’avion, séjourner en groupe dans les montagnes de l’Andalousie, dormir sous tente… Le bonheur, non ?

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25 mai, le retour

Eh oui, c’est déjà fini. Je n’ai plus pris le temps d’écrire alors que j’ai plein de choses à dire… Mais je te parlerai encore de cette retraite car j’y ai à nouveau fait des supers bons en avant. C’est impossible de faire ça en cabinet, le temps manque pour arriver à de véritables prises de conscience. Que faire et que dire en une heure de temps quand tant de choses se bousculent en nous ?

Mon défi était de taille pour le retour. Il faut savoir que je suis une grande rêveuse, excessivement distraite et maladroite. Pour couronner le tout, j’ai un tel sens de l’orientation que je suis capable de me perdre dans ma propre maison (oui, bon, OK, j’exagère… Mais a peine 😉). Et vu que ma famille est très pieds sur terre, on a toujours eu tendance à me surprotéger et à tout faire à ma place. Pour éviter les dégâts 😂 Je vous assure que j’en ai donnés des cheveux blancs à ma maman qui est déjà tant angoissée à la base. Avec moi, elle n’était jamais rassurée…

Je suis la première à rire de moi-même et mon entourage et moi rions donc souvent de mes bêtises. A un tel point que lors de réunions de famille, mes cousins me demandent toujours quelle est ma dernière connerie. Mais, à force, j’ai vraiment des grandes angoisses quand je fais quelque chose seule. J’ai beaucoup de croyances limitantes au niveau de la débrouillardise. Pourtant, je sais que j’ai un côté très débrouillard en moi… Mais à ma façon 😉

Et là, pour le retour, je suis seule. J’ai donc du conduire jusqu’à la société de location de voitures où j’ai loué ma belle petite mini, pour ensuite rejoindre l’aéroport en navette. J’y suis d’ailleurs, à l’aéroport. J’avais compté très large (mon vol décolle dans deux heures et demi) par peur d’avoir des couacs. Mais non, j’ai géré comme un chef. J’insiste vraiment sur l’impact que ce genre d’expériences a sur le cerveau. Il n’y a que comme ça qu’on peut modifier nos croyances limitantes. J’étais une boule d’angoisse ce matin, sans ma psy je serais partie vers 9h du matin tellement j’avais peur de me tromper de partout. Là, je ressens la fierté d’y être arrivée. La prochaine fois, ce sera à nouveau difficile mais je pourrai me rappeler ce jour pour me rassurer sur le fait que j’en suis capable. Et ainsi de suite. Plus j’affronte cette peur, plus mon cerveau sera conforté dans le fait que j’en suis capable. Et un jour je le ferai sans que ce soit encore vécu comme un défi (j’en aurai d’autres, pas de souci, j’ai plein d’idées 😂).

Voilà voilà, je vais un peu flâner maintenant. Je te retrouve à Bruxelles. ❤️

21 mai : deuxième jour de retraite

Ici, Je suis entourée d’autres personnes hypersensibles et je suis, du coup, confrontée à leur richesse. Aurais-je la même en moi ? Ils ont l’air, eux aussi, d’en douter à un tel point alors que ça saute aux yeux que ce sont des personnes formidables.

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Le corps qui parle

Le burn-out est le cri de secours du corps. Il essaie de nous dire quelque chose et guérit dès qu’on entend ce qu’il a à nous dire. J’aime cette vision atypique du BO, trop simpliste de façon globale, je l’admets, mais qui me semble particulièrement parlante au niveau des crises d’angoisse.

Laisser la parole à l’enfant qui est en moi (Mes ombres du passé…) m’a fait beaucoup de bien. Alors, si je laissais la parole à mon corps cette fois-ci ? Que pourrait-il avoir à me dire par rapport à mes crises d’angoisses ? ….

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