Imagine-toi une crise d’angoisse…

Imagine-toi en pleine nuit, seule, au bord d’une forêt. Tu n’es pas à l’aise, rien que l’idée de la traverser te donne une boule au ventre. Mais tu n’as pas le choix, c’est le seul chemin possible. Tu rentres dans la forêt à tâtons, te bombardant de pensées positives pour contrôler tes craintes. Mais tes pensées sont brouillées par des bruits parasites : le hibou qui ulule, des bruits de mouvements dans les arbres, le vent et, pire, des bruits que tu n’arrives même pas à identifier. Des craquements ? Des pas d’hommes ? Malgré tous tes efforts, ton imagination l’emporte très vite sur ton sang-froid. D’ailleurs, est-ce bien de l’imagination ? N’y a-t-il pas quelqu’un qui te suit dans la pénombre ? Qui peut te le garantir ? Tu résistes un instant en te disant que si tu laisses le bruit s’approcher, tu seras soulagé de voir que ce n’était qu’un petit animal inoffensif…  Mais l’incertitude l’emporte et tu ne contrôles plus rien. Tu n’as plus qu’une solution : fuir, courir le plus vite possible jusqu’à ce que la forêt soit loin derrière toi. Continuer à lire … « Imagine-toi une crise d’angoisse… »

Tu avais l’air si heureuse…

« Tu avais l’air si heureuse pourtant ! »…

C’est le cri du cœur que je reçois le plus à entendre depuis que je suis en burn-out. Moi qui avais l’air si heureuse mais qui ai, semble-t-il, juste feint de l’être, ou en tout cas, ne le suis plus. En un claquement de doigts, sans me demander mon avis, on lie ma maladie au malheur. On me retire le droit d’être heureuse. On s’interroge même sur les raisons de ce faux bonheur : « tu as l’air bien pourtant avec ton mari ! », « Tes enfants ont l’air si chouettes ! », « Je pensais que tu aimais ton métier, c’est fou ! ». Et je dois bien avouer que j’ai difficile à encaisser cette vision du bonheur. Car être heureuse fait partie de moi.

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On t’attendait…

« Où est passé ce type qui avait l’ monde à refaire…
Qui nous disait qu’il fallait tout laisser derrière,
Qu’on s’ ressemblait, qu’on avait l’ même coté grande
gueule,
Mais qu’ fallait toujours être ensemble quand on est seul?

Celui qui avait rempli nos vies, gonflé nos voiles
Mais qui a jamais mis son bateau sous les étoiles,
On t’écoutait, on avançait,
Alors arrête de répéter qu’ t’as tout foiré. »

Patrick Bruel, on t’attendait 

Le type La fille qui gonfle les voiles des autres… Je me reconnais trop dans cette description. Patrick, je dois bien l’avouer, je t’adore. Mais là, sur le coup, tu me déçois. Vous l’écoutiez et vous avanciez, mais est-ce suffisant pour convaincre quelqu’un qu’il n’a pas foiré sa vie ?

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Non, je ne te colle pas une étiquette, mon fils.

Je te regarde au loin, petit bonhomme. Je te regarde courir et rire avec tes amis dans la cour de récré. Tu sembles heureux, emporté par les jeux, comme tout petit garçon de six ans.  

A l’école, tu ne te fais pas remarquer. Tu es suffisamment calme que pour ne pas me ramener de mots disciplinaires. Tu apprends à lire et à calculer comme n’importe quel enfant de ton âge. C’est vrai, tu peux te passionner pour des thèmes un peu à part tels que la banquise ou Napoléon. Mais ça ne t’empêche pas de jouer aux tortues ninjas et aux chevaliers. Non, vraiment, tu es comme n’importe quel petit garçon.

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Comment ça va ?

 À toi qui me demande régulièrement comment je vais…

Dois-je t’avouer que tout mon être est dévasté, que « burn-out » rime avec « crise identitaire » et que je ne sais absolument plus qui je suis ?

Dois-je te préciser que mon aspect physique qui te fait si peur ne m’inquiète pas le moins du monde ? Que c’est à l’intérieur que tout se passe… ou que rien ne se passe… ça dépend des jours… des heures… des minutes.

Dois-je te parler de mes démons intérieurs que j’essaie d’apprivoiser, de mes crises d’angoisse qui me coupent du monde et même de moi-même ?

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Mes ombres du passé…

Envie de vous conseiller de regarder l’animation « BURN-OUT » qui fait un magnifique lien entre le BO et l’enfant caché en nous. Cette animation m’a fortement touchée, troublée même. Je me suis demandée ce que l’enfant en moi pouvait bien avoir comme part de « responsabilité » dans mon BO. Ce questionnement m’a donné envie de lui écrire et j’ai moi-même été surprise du résultat. Cela m’a fait tellement de bien que j’ai envie de poser la question à toi qui me lis : qu’as-tu à dire à l’enfant qui est en toi 

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Nous avons la solution…

A toi qui veux que je prenne des antidépresseurs…

J’ai passé ma vie à faire taire cette souffrance qui est en moi. Je n’en ai plus la force, les angoisses s’emparent de moi, je l’avoue. S’il vous plaît, ne m’aidez pas à remettre un couvercle dessus. Laissez-moi le droit de ressentir cette souffrance qui s’est tue pendant des décennies. Laissez-moi le temps d’entendre ce qu’elle a à me dire. Je sais que je fais peur… Et après ? Je vous fais peur parce que ma souffrance se voit ? Mais moi, je vis avec depuis toujours. J’avais juste la force de la garder en moi. J’arrivais même à l’ignorer totalement la plupart du temps. Et regardez-moi ! Regardez où ça m’a mené… Les médicaments me donneront une contenance sociale ? Je n’en veux plus de cette contenance. Laissez-moi souffrir, laissez-moi ressentir, laissez-moi comprendre, laissez-moi me trouver. Car je n’ai plus la force de me cacher.

HP=DYSjonctée