Non, je ne te colle pas une étiquette, mon fils.

Je te regarde au loin, petit bonhomme. Je te regarde courir et rire avec tes amis dans la cour de récré. Tu sembles heureux, emporté par les jeux, comme tout petit garçon de six ans.  

A l’école, tu ne te fais pas remarquer. Tu es suffisamment calme que pour ne pas me ramener de mots disciplinaires. Tu apprends à lire et à calculer comme n’importe quel enfant de ton âge. C’est vrai, tu peux te passionner pour des thèmes un peu à part tels que la banquise ou Napoléon. Mais ça ne t’empêche pas de jouer aux tortues ninjas et aux chevaliers. Non, vraiment, tu es comme n’importe quel petit garçon.

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Comment ça va ?

 À toi qui me demande régulièrement comment je vais…

Dois-je t’avouer que tout mon être est dévasté, que « burn-out » rime avec « crise identitaire » et que je ne sais absolument plus qui je suis ?

Dois-je te préciser que mon aspect physique qui te fait si peur ne m’inquiète pas le moins du monde ? Que c’est à l’intérieur que tout se passe… ou que rien ne se passe… ça dépend des jours… des heures… des minutes.

Dois-je te parler de mes démons intérieurs que j’essaie d’apprivoiser, de mes crises d’angoisse qui me coupent du monde et même de moi-même ?

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Mes ombres du passé…

Envie de vous conseiller de regarder l’animation « BURN-OUT » qui fait un magnifique lien entre le BO et l’enfant caché en nous. Cette animation m’a fortement touchée, troublée même. Je me suis demandée ce que l’enfant en moi pouvait bien avoir comme part de « responsabilité » dans mon BO. Ce questionnement m’a donné envie de lui écrire et j’ai moi-même été surprise du résultat. Cela m’a fait tellement de bien que j’ai envie de poser la question à toi qui me lis : qu’as-tu à dire à l’enfant qui est en toi 

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Nous avons la solution…

A toi qui veux que je prenne des antidépresseurs…

J’ai passé ma vie à faire taire cette souffrance qui est en moi. Je n’en ai plus la force, les angoisses s’emparent de moi, je l’avoue. S’il vous plaît, ne m’aidez pas à remettre un couvercle dessus. Laissez-moi le droit de ressentir cette souffrance qui s’est tue pendant des décennies. Laissez-moi le temps d’entendre ce qu’elle a à me dire. Je sais que je fais peur… Et après ? Je vous fais peur parce que ma souffrance se voit ? Mais moi, je vis avec depuis toujours. J’avais juste la force de la garder en moi. J’arrivais même à l’ignorer totalement la plupart du temps. Et regardez-moi ! Regardez où ça m’a mené… Les médicaments me donneront une contenance sociale ? Je n’en veux plus de cette contenance. Laissez-moi souffrir, laissez-moi ressentir, laissez-moi comprendre, laissez-moi me trouver. Car je n’ai plus la force de me cacher.

HP=DYSjonctée

HP, MOI ?! Quand on libère le poisson rouge.

Je sais qu’HP n’a rien à voir avec l’intelligence mais, malgré tout, j’ai peur de me faire prendre pour une prétentieuse. Faut me connaître aussi, j’ai appris à être tout le temps dans l’autodérision pour survivre à mes bêtises incessantes. Alors HP, moi ?!

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