10 juin : nourrir le bon loup

Les jours passent et je néglige à nouveau ce blog. Écrire reste difficile même si salutaire. Tout se bouscule en moi. Les « éléments extérieurs » se déchaînent depuis quelques semaines et j’y résiste difficilement. Les crises d’angoisse sont à nouveau tellement fréquentes que j’en suis épuisée. Mais bizarrement, le moral reste bon. Je pense vraiment avoir trouvé les clés pour ne pas retomber en dépression, elle est toujours là mais je la contrôle. J’ai conscience qu’il y a deux loups en moi et je fais tout pour nourrir le bon.

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27 mai : le contrecoup

J’admire les photos prises durant ma semaine de retraite pour garder un peu de magie en moi… Le contrecoup est toujours difficile après avoir passé une semaine dans un endroit tellement magique…

Là-bas, nous prenons confiance en nous-même, en nos forces. Nous ne nions pas pour autant nos points faibles mais nous nous sentons capables de les assumer.

Là-bas, nous nous sentons capables de dépasser nos croyances limitantes, nos pires peurs et nos blessures les plus profondes.

Là-bas, nous nous sentons aimés pour qui on est. Un amour sincère qui ne cherche pas à transformer les défauts en non-dits. Un amour sincère qui t’accepte comme tu es tout en te confrontant à tes maladresses. On libére les émotions négatives en cercle de paroles. On exprime clairement les actes et paroles avec lesquels nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est pas toujours évident de se regarder en face mais quand on t’aime d’un amour aussi vrai, tu te surprends miraculeusement à t’aimer pour qui tu es. Sans nier tes qualités et sans désirer camoufler honteusement tes faiblesses.

Faire un travail sur soi n’est pas facile. Comme dit ma psy, c’est comme un accouchement. Il faut souffrir avant de tenir une merveille tout contre nous. Aucun travail thérapeutique n’est possible tant qu’on n’est pas prêt à se regarder en face. Il faut être prêt à bousculer nos mécanismes de défense, lutter contre nos croyances,… On a tous nos blessures, nos souffrances. On a tous des raisons extérieures à notre maladie : harcèlement, dépendance affective, manipulation, un travail qui tue à petit feu, un deuil,… Mais tant que nous restons braqués sur ceux-ci, nous resterons piégés au fond du gouffre. Nous nous retrouvons envahis par le désespoir car nous n’avons aucun pouvoir sur les causes de notre mal-être. Ce sont les autres ou le coup du sort qui sont en cause donc que pouvons-nous y faire ?

La seule façon de se sentir capable de surmonter les épreuves de la vie, c’est de se sentir responsable. Attention, responsable et non coupable ! La culpabilité est tournée vers le passé et n’apporte aucune solution. C’est de la pure auto-flagellation. La responsabilité est tournée vers le futur. Cela signifie simplement que la solution est en nous. Tout en acceptant nos limites du moment.

Tout ça pour dire qu’une retraite est incomparable avec des vacances et que ce travail sur soi demande une force mentale que je ne pensais pas posséder. Nous avons ri mais aussi pleuré. Nous y avons vécu des moments forts, intenses mais aussi éprouvants. Nous ne sommes donc plus tout à fait les mêmes lorsque nous rentrons chez nous.

Sur la route du retour, on se sent fort de nos nouveaux enseignements. Mais nous retrouvons tous nos problèmes en rentrant. Nous nous retrouvons confrontés à nouveau aux éléments extérieurs, déclencheurs de notre Burn-out. Et c’est là qu’on ressent le contrecoup. Faire un tel travail sur soi demande tant d’énergie, et là soudain, on prend conscience que les causes externes, elles, n’ont absolument pas changées. Nos proches n’ont pas l’intention de faire un tel travail thérapeutique sur eux-mêmes, nos dettes ne se sont pas envolées, nos amours disparus ne sont pas revenus…

Nos pensées nous tirent dès lors vers la noirceur : « À quoi bon toutes ses remises en question si rien ne change autour de nous ? Marre de chercher les solutions en moi !  » Le choc avec la réalité est tel qu’on se sent limite dupé : « mon œil que je vais sortir du trou de cette façon. Si « eux » ne font rien, si « ça » ne change pas, je n’ai aucune chance d’aller mieux« . Et oui, tu l’entends bien : le désespoir frappe à nouveau à notre porte…

Mais si nous voulons bien y être attentifs, nous nous rendons compte que nous réagissons différemment qu’avant à toutes ces causes externes. Nous avons plus de recul, nous nous laissons moins envahir… Et si nous arrivons à nous concentrer sur ces petits changements qui s’opèrent en nous, le désespoir se meurt pour laisser l’espoir renaître de ces cendres.

Il faudra du temps mais les choses changeront. En nous ! Pour nous ! Parce que rien ni personne – aucune richesse ni aucune relation – ne vaut le sacrifice de la paix intérieure.

25 mai, le retour

Eh oui, c’est déjà fini. Je n’ai plus pris le temps d’écrire alors que j’ai plein de choses à dire… Mais je te parlerai encore de cette retraite car j’y ai à nouveau fait des supers bons en avant. C’est impossible de faire ça en cabinet, le temps manque pour arriver à de véritables prises de conscience. Que faire et que dire en une heure de temps quand tant de choses se bousculent en nous ?

Mon défi était de taille pour le retour. Il faut savoir que je suis une grande rêveuse, excessivement distraite et maladroite. Pour couronner le tout, j’ai un tel sens de l’orientation que je suis capable de me perdre dans ma propre maison (oui, bon, OK, j’exagère… Mais a peine 😉). Et vu que ma famille est très pieds sur terre, on a toujours eu tendance à me surprotéger et à tout faire à ma place. Pour éviter les dégâts 😂 Je vous assure que j’en ai donnés des cheveux blancs à ma maman qui est déjà tant angoissée à la base. Avec moi, elle n’était jamais rassurée…

Je suis la première à rire de moi-même et mon entourage et moi rions donc souvent de mes bêtises. A un tel point que lors de réunions de famille, mes cousins me demandent toujours quelle est ma dernière connerie. Mais, à force, j’ai vraiment des grandes angoisses quand je fais quelque chose seule. J’ai beaucoup de croyances limitantes au niveau de la débrouillardise. Pourtant, je sais que j’ai un côté très débrouillard en moi… Mais à ma façon 😉

Et là, pour le retour, je suis seule. J’ai donc du conduire jusqu’à la société de location de voitures où j’ai loué ma belle petite mini, pour ensuite rejoindre l’aéroport en navette. J’y suis d’ailleurs, à l’aéroport. J’avais compté très large (mon vol décolle dans deux heures et demi) par peur d’avoir des couacs. Mais non, j’ai géré comme un chef. J’insiste vraiment sur l’impact que ce genre d’expériences a sur le cerveau. Il n’y a que comme ça qu’on peut modifier nos croyances limitantes. J’étais une boule d’angoisse ce matin, sans ma psy je serais partie vers 9h du matin tellement j’avais peur de me tromper de partout. Là, je ressens la fierté d’y être arrivée. La prochaine fois, ce sera à nouveau difficile mais je pourrai me rappeler ce jour pour me rassurer sur le fait que j’en suis capable. Et ainsi de suite. Plus j’affronte cette peur, plus mon cerveau sera conforté dans le fait que j’en suis capable. Et un jour je le ferai sans que ce soit encore vécu comme un défi (j’en aurai d’autres, pas de souci, j’ai plein d’idées 😂).

Voilà voilà, je vais un peu flâner maintenant. Je te retrouve à Bruxelles. ❤️

23 mai, quatrième jour de retraite

Horreur, j’ai passé 24 h sans réseau. Mon problème est résolu mais j’ai ressenti une telle angoisse à être là sans internet ni même juste la fonction première d’un téléphone… Aie, ma dépendance à la connexion continuelle m’a sauté aux yeux. Il faudra que je fasse une retraite avec l’objectif de me déconnecter. 😜

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21 mai : deuxième jour de retraite

Ici, Je suis entourée d’autres personnes hypersensibles et je suis, du coup, confrontée à leur richesse. Aurais-je la même en moi ? Ils ont l’air, eux aussi, d’en douter à un tel point alors que ça saute aux yeux que ce sont des personnes formidables.

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20 mai : jour 1 de la retraite

Voilà, je suis bien arrivée à destination. Le voyage en avion s’est bien passé. Envahie par les angoisses, ce voyage me force à les affronter. Je sens que j’ai en moi le pouvoir de les maîtriser. Ça donne du courage, de la force, de l’espoir… Mais je me sens épuisée.

J’ai un énorme cafard ici. Pas facile de faire un travail sur soi loin des siens, mais qu’est-ce que c’est efficace. Je le sais, ça ira mieux demain. Je le sais, je vais faire un énorme bon en avant. Mais là, tout de suite, j’ai envie de pleurer, de rentrer, de retrouver mon chez-moi, mes enfants et mon mari.

Mais mon chez moi, à force, est en train de se transformer en prison dorée. Et je n’en veux pas de cette prison dorée. Alors je suis là, ici, en pleine nature, à 900m d’altitude. Je sais que les angoisses vont s’atténuer doucement pour être remplacées par cette joie de vivre que j’ai égarée. Je sais que ça va me redonner la confiance nécessaire pour aller de l’avant…. Je sais tout ça et je me le répète en boucle car la tout de suite… J’ai juste envie de rentrer dans ma prison dorée.

19 mai : sortir de sa zone de confort

Il y a quelques jours, j’ai fait allusion à une grande décision que j’avais prise. Bon, ce n’est pas vraiment une « grande décision ». Mais je suis tellement accro à ma zone de confort qu’à mes yeux, cette décision devrait me valoir une médaille d’honneur…. Si, si, j’exagère à peine.😉

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