L’action tue l’angoisse

Mes silences

Trois jours sans lâcher l’équilibre difficile entre le besoin de se ressourcer & le goût de l’effort et les angoisses des trois derniers jours sont quasiment sous contrôle. Je suis heureuse, je sens que je commence à gérer la bête… Après un an, il en est grand temps !

lecture et écriture

Après avoir passé des années à fuir les émotions négatives, je me suis totalement laissée envahir par celles-ci au point d’en être figée de peur. Avec une p’tite dose de victimisation en mode : « j’ai toujours su que si je laissais mes émotions négatives m’envahir, j’allais sombrer ! » Jamais, à aucun moment, je me suis dit que je pouvais peut-être les écouter au lieu de leur déclarer la guerre. Jusqu’à la lecture de ces quelques lignes : 

« Le stress, tu ne le sais pas encore, est ton meilleur ami. Il t’alerte quand tu vis quelque chose qui ne te convient pas. Écoute-le. Son message n’est pas « aaaaaaah mais c’est horrible, ça ne va pas du tout, je ne vais pas m’en sortir, je craque », il te dit « hey toi, entends-moi, je suis en train de te dire que tu vis un truc pas confortable pour toi. Prends le temps de comprendre la situation, respire et agis en pleine conscience sans faire n’importe quoi ». Si, si, il te dit tout ça et bien plus encore. » (Pleinement moi, Claire Stryde).

Hum, j’avoue, le « aaaaaaah mais c’est horrible, ça ne va pas du tout », c’est tout à fait moi. J’ai donc commencé, doucement, à essayer d’écouter mes angoisses au lieu de les combattre. J’ai intégré J’intègre progressivement le fait qu’elles sont présentes, comme toute forme de souffrance, pour nous faire agir : 

« On souffre tout simplement parce que la souffrance a une fonction biologique. Elle est l’agent du changement préféré de la nature. La sélection a fait de nous des créatures pétries d’insatisfaction et d’insécurité intérieure. Pourquoi ? Parce que ces états motivent à bouger pour innover et survivre. Voilà pourquoi tu es câblé pour être insatisfait de ce que tu as et satisfait uniquement de ce que tu n’as pas. C’est cette insatisfaction chronique qui a poussé l’espèce humaine à sans cesse se battre, lutter, construire et conquérir. Alors, non, la souffrance et la misère ne sont pas un bug de l’évolution – elles en sont une caractéristique. » (l’art subtil de s’en foutre, Mark Manson)

Prenons un exemple simple : la pollution et l’avenir de notre planète. Comment rester positif lorsque nous sommes envahis de mises en garde anxiogènes à tout bout de champ ? en AGISSANT. En faisant notre part, comme le colibri. Mais attention, c’est sur nos actions que nous devons nous concentrer et nos sur les résultats. C’est pourtant ce que j’ai fait au début de mon burnout : « ok ma cocotte (oui, j’aime bien m’appeler ma cocotte 😉 ), maintenant tu vas cesser de t’angoisser pour la planète et tu vas agir ! Passer au zéro-déchets & toussa toussa et ensuite tout ira mieux. » Ma vision du bonheur était subitement étincelante de clarté : se mettre au zéro-déchet, aux collations faites maison, acheter local,… J’avais trouvé LE truc pour aller mieux et rien que d’y penser faisait déjà son effet… Sauf que, comme toujours, je n’ai pas réussi à me modérer. En plein burnout, j’avais décidé de vider ma maison en une semaine. Je ne voulais plus un seul objet inutile, plus un seul bout de plastique, plus une seule tranche de nourriture industrielle,… Au fur et à mesure des jours, les angoisses se multipliaient. J’étais à bout de nerfs, chaque petit objet qui traînait – je rappelle que j’ai trois enfants et qu’on a tous hérité du syndrome du désordre chronique donc ce n’était franchement pas rare 😉 – me rendait dingue de désespoir. JAMAIS je ne réussirai à être heureuse.

« Nombre de nos conjectures et représentations reposent sur l’idée que le bonheur est algorithmique, qu’on peut le décrocher, l’obtenir, l’atteindre comme on a réussi à intégrer une grande école ou à monter un Lego de milliers de pièces. Si j’atteins tel objectif, je peux être heureux. Si je ressemble à untel/unetelle, si je peux être avec tel(le) autre, je peux être heureux. C’est précisément cette idée qui est problématique. Le bonheur n’est pas réductible à une équation qu’il s’agirait de résoudre. » (l’art subtil de s’en foutre, Mark Manson)

Mon objectif était un méga objectif à long terme. Plus je faisais d’efforts, plus je me rendais compte du long travail qui restait à fournir et plus la perspective d’un avenir heureux me semblait hors d’atteinte. Jamais je ne me débarrasserai de tous ces objets superflus = jamais je ne guérirai. Et toute la famille devenait responsable de ma maladie en laissant trainer des trucs dans la maison. Ah, elle était belle ma nouvelle vision du bonheur.

Aujourd’hui, j’ai compris (plus ou moins hein, je me bombarde constamment de « ma cocotte, là, non, tu fais fausse route ») que c’est le fait de tendre vers un idéal qui rend heureux bien plus que le fait de l’atteindre. Il faut profiter du voyage, non pas se focaliser sur la destination. Alors ce week-end, j’ai décidé d’agir un peu sur ces angoisses-là en concoctant moi-même mes produits lessives. Et j’en suis hyper fière. Un peu trop peut-être vu que je me suis retrouvée à me balader dans la maison avec ma lessive faite maison, cherchant désespérément quelqu’un qui n’avait pas encore eu l’honneur de constater à quel point il sentait bon. Mais bref, l’objectif est atteint : je profite du voyage et tend vers un idéal qui me promet quelques années de mini-défis-anti-angoisses à relever.  

Voilà, tout ce bla bla pour te dire que… j’ai fabriqué mes produits lessives. 😊

Goût de l’effort

Euh, j’ai fabriqué mes produits lessives… 😉

Moments de bonheur

Écrire tout en écoutant les enfants jouer dans le jardin… Même si, le temps de l’écrire, les rires ont laissé place aux disputes. Mais ce n’est pas grave, je suis de bonne humeur, j’ai fabriqué mes produits lessives ! 😛

Quand les angoisses resurgissent

Mes silences

Trois jours que mes angoisses sont de retour. Elles avaient mystérieusement disparu il y a quelques mois et reviennent par surprise. Pourquoi ? Je ne trouve pas d’explications. Tout ce que je sais, c’est que mon corps réagit à nouveau comme s’il était seul au milieu d’une forêt… en pleine nuit. Tout me demande une énergie de dingue car ma seule envie est de rester en position fœtale dans le fauteuil, tel un abri au milieu de cette forêt effrayante.

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L’ego et l’être

Mes silences

Doucement, je sens le mental qui se revigore, la joie de vivre qui renaît… Parallèlement, je sens le burnout qui impose ses limites, le corps qui n’a pas l’énergie de suivre les ardeurs de l’esprit. Je prends conscience de cette ardeur dévorante, celle qui me permet d’avoir ce moral d’acier, mais qui m’empêche de ressentir la fatigue du corps. Elle est ma plus grande force car elle reflète une soif de vivre énorme qui me permet de rebondir encore et toujours, mais elle est aussi celle qui me met à terre par cette hyperactivité qu’elle engendre. C’est elle qui m’empêche de « goûter au ralentissement de mon corps » sans sombrer en dépression. Chercher l’équilibre, encore et toujours. 😊 Il va falloir apprendre à zoner dans les nuances de gris au lieu de ne voir que le blanc et le noir.

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Miracle burnout, le retour

Mes silences (gratitudes, espoirs, craintes, humeur du moment,…)

Après un long moment de silence, je me sens prête à me concentrer à nouveau sur mes progrès. Je n’ai pas envie de dire que je viens de vivre une rechute, je n’ai plus l’impression de « chuter ». Je préfère dorénavant reprendre les termes de Claire Stryde : j’ai goûté au ralentissement de mon corps. La dépression reste bien présente, ne nous mentons pas. Mais j’ai dorénavant conscience que c’est, pour l’instant, le seul frein efficace pour offrir à mon corps le repos dont il a besoin. Les batteries sont à nouveau un peu chargées et je sens donc l’envie de sortir de ma grotte qui grandit. Je sais qu’il va me falloir encore une fois tenter un équilibre entre mon besoin d’action et les limites que le burnout m’impose. Et pour y arriver, je reste convaincue des bienfaits du miracle burnout : se concentrer sur le positif et se lancer des défis raisonnables pour essayer de respecter mes limites actuelles sans pour autant sombrer en dépression.

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Apprendre à apprécier chaque petit pas

Nous avons beau savoir que le burnout est une maladie à part entière et qu’il n’est en rien lié à un manque de volonté, je pense que beaucoup d’entre nous avons malgré tout tendance à nous mettre la pression. Nous nous efforçons de remonter la pente et, avouons-le, nous avons tendance à bien plus nous culpabiliser face à nos limites qu’à nous féliciter pour nos avancées. J’en ai fait des progrès depuis le début de mon burnout… Mais j’ai du mal à ne pas me laisser envahir par le sentiment d’échec : je n’arrive plus à travailler, à être la maman que je voudrais, à tenir la maison en ordre, à gérer mes émotions, … Oui, je gère mieux mes émotions qu’il y a six mois, mais je me focalise sur les fois où j’explose pour un rien et savoir que ça m’arrive moins souvent qu’il y a quelques mois ne me console que très peu. Il en va de même pour le reste : dur dur de se concentrer sur mes progrès et non sur mes limites.  

C’est un des points du burnout qui peut être travaillé en thérapie. Mais, par-dessus tout, ce sont mes lectures qui m’aident à changer ma vision des choses. Petit à petit, j’ai une collection de phrases qui me permettent de changer ma manière de penser et qui m’aident à reprendre le dessus quand rien ne va plus.

Une angoisse bien présente est celle qui m’envahit quand je sens l’impact qu’à mon burnout sur la vie de famille. Je me sens nulle, mauvaise mère, mauvaise épouse, mauvaise tout, … et rien, non, vraiment rien ne va ! C’est un des apprentissages du burnout : laisser le temps au temps, ne pas mettre la charrue avant les bœufs, accepter qu’on ne puisse pas tout maîtriser et que tout ne dépend donc pas de nous ni de notre fichue volonté.

Je vacille entre ces moments où je m’avoue vaincue par ma nullité (je suis nulle, je n’arriverai jamais à aller mieux, rien ne va…) et des moments où je reprends courage. Et dans ce cas, je bascule dans le sentiment inverse : superwoman est de retour : « allez, maintenant que tu vas mieux, il est temps de réussir à faire ceci et cela, et puis faudrait aussi faire ça et ça car franchement, là, ça ne peut plus durer ! Et puis, tant qu’à faire, ceci ne demandera qu’un p’tit effort de plus ».

« Qu’est-ce qui est le plus important ? Faire des grands pas ou avancer ? » est une phrase qui m’aide dans ces cas-là. La réponse est évidente mais la piqûre de rappel est importante, encore et encore. Faire des trop grands pas amène systématiquement à une rechute. Ce qui importe, c’est d’avancer.

Je retrouve doucement un peu de sérénité dans notre quotidien. Je repense notamment à mes enfants, à l’époque où mon mari devait vraiment tout gérer : le plus jeune flottait régulièrement dans les vêtements de son grand frère alors que ce dernier savait à peine respirer dans les vêtements de son petit frère. Je devrais avoir une photo d’eux habillés de cette façon, ça me permettrait de relativiser quand j’ai l’impression que rien, absolument rien ne va mieux ! 😉  

11/12 Vaincre le sentiment d’impuissance

J’entame le deuxième jour de ma quatrième semaine du miracle burnout. Pour rappel, celui-ci consiste simplement à :

  • rester conscient de ses limites afin d’éviter les rechutes violentes ;
  • se fixer de petits objectifs quotidiens afin de retrouver un peu de confiance en soi ;
  • se focaliser sur les progrès et non sur les échecs ; 
  • tenir un carnet positif à relire lors des coups de mou.
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