La peur de la solitude

Chaque été, nous partons une semaine en vacances avec ma belle-famille. Si je vous en parle, c’est parce que cette semaine annuelle vient de se terminer. Ce fut une semaine globalement paisible et agréable. Malgré tout, je sentais de jours en jours ma fatigue cérébrale s’accentuer. Je garde un énorme besoin de solitude mais nous étions vingt et trouver un coin où s’isoler était mission impossible.

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Le corps qui parle

Le burn-out est le cri de secours du corps. Il essaie de nous dire quelque chose et guérit dès qu’on entend ce qu’il a à nous dire. J’aime cette vision atypique du BO, trop simpliste de façon globale, je l’admets, mais qui me semble particulièrement parlante au niveau des crises d’angoisse.

Laisser la parole à l’enfant qui est en moi (Mes ombres du passé…) m’a fait beaucoup de bien. Alors, si je laissais la parole à mon corps cette fois-ci ? Que pourrait-il avoir à me dire par rapport à mes crises d’angoisses ? ….

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Imagine-toi une crise d’angoisse…

Imagine-toi en pleine nuit, seule, au bord d’une forêt. Tu n’es pas à l’aise, rien que l’idée de la traverser te donne une boule au ventre. Mais tu n’as pas le choix, c’est le seul chemin possible. Tu rentres dans la forêt à tâtons, te bombardant de pensées positives pour contrôler tes craintes. Mais tes pensées sont brouillées par des bruits parasites : le hibou qui ulule, des bruits de mouvements dans les arbres, le vent et, pire, des bruits que tu n’arrives même pas à identifier. Des craquements ? Des pas d’hommes ? Malgré tous tes efforts, ton imagination l’emporte très vite sur ton sang-froid. D’ailleurs, est-ce bien de l’imagination ? N’y a-t-il pas quelqu’un qui te suit dans la pénombre ? Qui peut te le garantir ? Tu résistes un instant en te disant que si tu laisses le bruit s’approcher, tu seras soulagé de voir que ce n’était qu’un petit animal inoffensif…  Mais l’incertitude l’emporte et tu ne contrôles plus rien. Tu n’as plus qu’une solution : fuir, courir le plus vite possible jusqu’à ce que la forêt soit loin derrière toi. Continuer à lire … « Imagine-toi une crise d’angoisse… »

Tu avais l’air si heureuse…

« Tu avais l’air si heureuse pourtant ! »…

C’est le cri du cœur que je reçois le plus à entendre depuis que je suis en burn-out. Moi qui avais l’air si heureuse mais qui ai, semble-t-il, juste feint de l’être, ou en tout cas, ne le suis plus. En un claquement de doigts, sans me demander mon avis, on lie ma maladie au malheur. On me retire le droit d’être heureuse. On s’interroge même sur les raisons de ce faux bonheur : « tu as l’air bien pourtant avec ton mari ! », « Tes enfants ont l’air si chouettes ! », « Je pensais que tu aimais ton métier, c’est fou ! ». Et je dois bien avouer que j’ai difficile à encaisser cette vision du bonheur. Car être heureuse fait partie de moi.

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Non, je ne te colle pas une étiquette, mon fils.

Je te regarde au loin, petit bonhomme. Je te regarde courir et rire avec tes amis dans la cour de récré. Tu sembles heureux, emporté par les jeux, comme tout petit garçon de six ans.  

A l’école, tu ne te fais pas remarquer. Tu es suffisamment calme que pour ne pas me ramener de mots disciplinaires. Tu apprends à lire et à calculer comme n’importe quel enfant de ton âge. C’est vrai, tu peux te passionner pour des thèmes un peu à part tels que la banquise ou Napoléon. Mais ça ne t’empêche pas de jouer aux tortues ninjas et aux chevaliers. Non, vraiment, tu es comme n’importe quel petit garçon.

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Comment ça va ?

 À toi qui me demande régulièrement comment je vais…

Dois-je t’avouer que tout mon être est dévasté, que « burn-out » rime avec « crise identitaire » et que je ne sais absolument plus qui je suis ?

Dois-je te préciser que mon aspect physique qui te fait si peur ne m’inquiète pas le moins du monde ? Que c’est à l’intérieur que tout se passe… ou que rien ne se passe… ça dépend des jours… des heures… des minutes.

Dois-je te parler de mes démons intérieurs que j’essaie d’apprivoiser, de mes crises d’angoisse qui me coupent du monde et même de moi-même ?

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