20 août : le calme après la tempête

Petit à petit, je reviens à la vie. Je supporte à nouveau la lumière, le bruit… la vie quoi. Je n’irais pas encore m’aventurer dans un supermarché ou autre mais j’arrive à quitter le cocon que représente ma chambre pour me retrouver dans des espaces plus grands et plus lumineux tels que mon salon. La tempête intérieure a cessé. Je me sens calme et, finalement, assez fière de moi : je suis partie quand ça n’allait plus et j’ai pris les choses en main.

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19 août : le réveil

J’ai dormi quasiment tout le week-end avec des petites phases de réveils bien insignifiantes. Je me sens mieux, vidée mais mieux. Les mille pensées qui se battaient dans ma tête se sont tues. La lutte corps – esprit a clairement cessé. Mon corps est faible mais détendue. Je ne mange rien et cela devait déjà être le cas depuis un moment vu que ma balance vient de m’avouer que j’ai reperdu 4 kilos en une dizaine de jours.

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18 août : griffonner dans la nuit

Je me déteste.

Je déteste qui je suis devenue et même qui j’étais.

Je me déteste de ne pas arriver à fonctionner comme avant… Tout comme je me déteste de ne pas accepter de fonctionner autrement.

Je me déteste pour cette colère que je ressens… mais je me déteste aussi de refuser de la ressentir.

Je n’arrive pas à écrire que je déteste cette vie car la vie est bien trop précieuse que pour la haïr. Mais je me déteste de ne plus être capable de l’apprécier à sa juste valeur.

Je comprends plus que jamais qu’une personne qui commet l’irréparable ne le fait pas parce qu’il ne VEUT plus, mais parce qu’il ne PEUT plus. Parce qu’on a beau sourire, on a beau se dire que ce n’est qu’une question de volonté, les démons intérieurs sont plus forts. La vérité nous rattrape coûte que coûte. Et si on refuse de prendre le risque de blesser des proches en posant le mal qui nous habite… mais que celui-ci nous ronge de l’intérieur à un tel point qu’on finit par faire souffrir quand même…. Que reste-t-il comme solution ? On se laisse envahir par cette douleur, mélange de souffrance et de colère…. Et on ne sait que faire d’autres que de la rejeter sur soi-même.

Les émotions négatives

Tu l’as vite compris en me lisant, j’ai du mal avec les émotions négatives. C’est un gros travail à faire sur moi-même : non pas accepter mais carrément ressentir les émotions négatives. Réussir à être en colère contre des gens que j’aime… Même si je comprends, même si je sais que… Être en colère quand même, ne serait-ce qu’un instant. Sans que ça remette mon amour ou mon amitié en question. Mon passé m’a appris l’inverse et j’ai encore du chemin à parcourir pour ne pas angoisser quand j’ose ne serait-ce que penser du mal de quelqu’un. Mais maître BO me met au défi, comme toujours. 😉

Mon mari fait lui aussi partie de ceux qu’on appelle les « trop gentils ». Et quand j’ai commencé à ressentir les émotions négatives, j’ai eu l’impression qu’il devenait mon pire ennemi. Quand, après des mois de thérapie, j’ai commencé à être péniblement capable d’exprimer du négatif, sa façon de relativiser ce que j’exprimais me faisait hurler d’hystérie :  » MAIS ARRÊTE DE RELATIVISER À MA PLACE P***** (grand changement depuis mon BO, je suis devenue la reine des gros mots 😝). J’AI LE DROIT DE CRITIQUER LES GENS M****, ET NE ME REGARDE PAS COMME SI J’ÉTAIS FOLLE B*****! J’AI LE DROIT DE CRIER !!!!  » Hum, oui, je n’en suis pas fière mais je dois bien avouer que ça donnait un truc dans ce genre. 😉

Mais Petit à petit, je l’entraîne avec moi et on apprend ensemble à se fâcher. C’est con, mais c’est un exercice compliqué. Comme hier, par exemple. Je venais chercher en cuisine ce qu’il fallait mettre à table, il m’a tendu une grosse cuillère en bois puis, voyant que mes mains étaient pleines, s’est approché de moi pour la glisser dans mon t-shirt. Et là – boum – ça explose. Ce geste banal fait partie de ceux que je ne gère plus. Dès qu’on s’approche de moi sans que je m’y attende, mon corps réagit violemment comme si j’était agressé. J’ai fait un bon en arrière en hurlant de me laisser tranquille (ou plutôt de me foutre la paix 😜). C’est instinctif et je me sens folle la seconde d’après, dès que le cerveau néocortex reprend tous ses droits. Lui s’est vexé : « oh ça va, calme tes nerfs, c’était pour rire. » Et moi… Tu devines ? Je me suis vexée qu’il se vexait.🤦‍♀️

Je ne supporte pas qu’on me mette face à l’irrationalité de mon attitude alors que, justement, il n’y a rien de rationnel là-dedans. C’est ma maladie, mon corps, pas moi ! Et je me déteste suffisamment, pas besoin de m’en rajouter une couche ! Sa phrase, c’est comme un couteau dans la plaie. Son regard comme une confirmation que je suis devenue folle. Je me vexe et je m’isole totalement.

Dans ces moments-là, il a toujours la même réaction : « tu veux que j’arrive à mieux exprimer mes émotions mais dès que je le fais, tu te vexes, faut savoir !!! » On ne s’écoute ni l’un ni l’autre, on gueule et on se retrouve chacun dans son coin…. Mais le soir, on se retrouve. Je lui explique que, oui, c’est ce que je veux, mais ça ne veut pas dire que je dois accueillir ses réactions avec le sourire, ça n’a aucun sens au sinon. J’explique à quel point je me sens réduite à cette p***** de maladie quand j’agis comme ça… Il m’explique qu’il le sait mais que – sur le coup- ça l’énerve malgré tout. Il n’y a finalement rien à prendre personnellement, ni pour l’un ni pour l’autre. On papote, on rigole, je me blottis dans ses bras et je m’endors avec une certitude absolue : on avance à deux. Puis je souris en me demandant combien de couples ont l’impression de progresser en s’engueulant plus souvent qu’avant. 😉

25 juillet : à toi qui me lis… merci.

J’ai commencé ce blog pour avoir un lieu où j’ose être moi. Deux ans plus tard, cela reste un véritable défi. Très peu de personnes de mon entourage en connaissent l’existence. Peur qu’on me trouve bête, prétentieuse, ridicule,… Peur de mes fautes d’orthographe et de syntaxe. Peur de me prendre au sérieux. Peur d’exister, tout simplement.

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