Le monde est à l’arrêt

Le monde est à l’arrêt. La population vit au ralenti. Petits et grands se retrouvent confinés chez eux et doivent apprendre à vivre différemment… pour quinze jours, pour quelques semaines, pour quelques mois… Qui sait ? La peur de manquer, dans un monde dominé par la surconsommation, amène à des scènes irréalistes de files interminables et de bagarres pour du papier toilettes ou un paquet de chips. Avons-nous encore conscience de ce qui nous est vital ? Fuir dans le travail, le sport, le shopping devient difficile. Il va falloir apprendre à être et non à faire. Il va falloir se demander consciemment si on aime encore la personne avec laquelle nous vivons, si nous aimons toujours notre travail, nos loisirs, notre vie. Il va falloir faire face à nous-même et à ce vide que nous fuyons tous inconsciemment.

Le monde est à l’arrêt. La population s’inquiète. Mais qu’en est-il des personnes en burnout ? Bien sûr, il y a la peur du virus ; la crainte de devoir « tenir » H24 avec les enfants ; l’inconfort des soins de santé annulés. Pourtant, en ce qui me concerne, je me sens étrangement soulagée. Cela fait plus de deux ans que j’essaie de m’adapter à ce corps qui exige de la lenteur dans un monde hyperactif. Deux ans que je m’inquiète pour tous mes proches qui maintiennent cette course effrénée. Et soudain, mon rythme est imposé à tous. Le monde se met en burnout. Le chronomètre s’arrête. Et, comme en cas de burnout, le choc est brutal pour certains… Je rassure mes amis qui ressentent cette peur du vide qui m’est devenue si familière et j’aspire secrètement à un éveil spirituel dont le monde a grand besoin.

Le monde est à l’arrêt. La population se terre. Les enfants redécouvrent des jeux d’antan. Ils expérimentent le plaisir de journées sans activités frénétiques. Les adolescents se retrouvent confrontés aux limites du leitmotiv de leur époque : « tout, tout de suite ». Petits et grands réapprennent le vivre ensemble. Et derrière nos frustrations, nos angoisses et nos souffrances, nous découvrons la force qu’amène le sentiment d’une collectivité : mettre ses besoins individuels au second plan, prendre soin des plus fragiles, sentir que nous faisons partie d’un tout et que nous sommes tous interconnectés. Nous réalisons la puissance de petits gestes humains : des mercis posés sur les sacs poubelles, un petit signe de la main vers les fenêtres d’un home, des applaudissements pour le milieu médical,… Des métiers méprisés sont soudainement valorisés socialement. Nous ramenons à notre conscience le fait que chacun de nous a un rôle, une importance et que nous avons besoin les uns des autres.

Le monde est à l’arrêt. La population retient son souffle. Pourtant, nous ne le devrions pas. Nous pouvons respirer à plein poumons. Respirer l’air qui s’assainit, le silence, la nature qui reprend ses forces,… Ressentir la chance infinie que nous offre la planète : nous éveiller, se centrer sur l’essentiel et redonner à l’être toute l’importance qu’il mérite. Accepter qu’il y ait plus important que notre petite personne et remettre notre ego à sa place : non, nous ne sommes pas surpuissants ! Privilégier la paix intérieur plutôt que le bien-être matériel. Nous centrer sur nos valeurs profondes et lâcher-prise sur ce que nous ne contrôlons pas. S’éveiller !

Le monde est à l’arrêt. La population craint la surpuissance de l’Univers. Suis-je heureuse de ce qui nous arrive ? Non, bien sur que non ! Je pense aux personnes fragiles qui vivent leur anxiété dans la solitude. Je pense à ceux qui sont confinés dans un appartement, sans jardin ni espace à soi. Je pense à ceux qui se demandent comment ils vont joindre les deux bouts ; qui ont un rêve professionnel qui s’écroule ou une crainte d’endettement qui se matérialise. Je pense à tous ceux qui continuent à travailler pour notre confort et notre sécurité ; ceux qui risquent la contamination pour sauver des vies ; ceux qui se battent contre ce virus et ceux qui – malheureusement – ont perdu la bataille ou un être proche. Je pense à toi, à eux, à nous qui – chacun à notre façon – subissons les méfaits de cette ambiance anxiogène. Mais nous n’avons aucune prise sur ces éléments-là. Et le burnout m’a appris que s’attarder sur ce que nous ne contrôlons pas est source d’angoisses et de souffrances inutiles. Focaliser son esprit sur ce que nous ne voulons pas mais contre lequel nous ne pouvons rien, nous enfonce profondément. Oui, certains se croient en vacances et s’ amassent dans des parcs mais la majorité d’entre nous respecte les consignes, conscient de notre responsabilité à tous. Oui, il y a des gens qui souffrent et qui meurent. Mais c’est le cas tous les jours, malheureusement. Oui, c’est horrible ! Mais s’y agripper ne nous aidera pas. Il y a aussi d’énormes élans de solidarité. L’humain est au coeur de nos vies. Mis à part le confinement, que nous nous devons de respecter, l’humour et l’amour sont devenus nos plus belles armes. Nous nous efforçons à transmettre du positif, de la bienveillance et de la légèreté à travers nos photos et vidéos. Concentrons-nous sur cette solidarité oubliée qui renaît de ses cendres. Ne sous-estimons pas le pouvoir du mental sur notre immunité et notre pouvoir de guérison.

Le monde est à l’arrêt. La population vit au ralenti. Mais allons-nous vouloir retrouver notre frénésie d’autrefois ? Y aura-t-il un avant et un après Corona ? Allons-nous dorénavant nous serrer les coudes au lieu de nous serrer la main ? Allons-nous favoriser le télé-travail ? Allons-nous privilégier notre vie de famille à notre vie professionnelle ? Expirons le négatif, inspirons le positif et espérons que nous profiterons tous pleinement du pouvoir qui nous est offert : un temps d’arrêt pour se rappeler nos valeurs profondes et avancer à nouveau en conscience sur notre chemin de vie.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

2 réflexions sur « Le monde est à l’arrêt »

  1. Oh merci.. Ton texte est magnifique. Je ressens exactement la même chose que toi dans ce contexte. Une piqure de rappel pas à pas du burn out. Tes mots résonnent en moi comme si ils sortaient de mon âme. Tu as ce don en toi. Un grand merci de ta générosité, de ce partage d un bout de toi…. Courage et pré ds bien soin de toi.

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