La flamme de vie

Quand on est en dépression, on ne prend plus plaisir à rien. C’est comme ça. Tout est lourd. Il m’arrive souvent de compter les heures pour savoir combien m’éloignent du coucher des enfants. Ce geste automatique et répétitif est accompagné, bien évidemment, d’un énorme sentiment de culpabilité. Mais je suis là pour te dire la vérité. Je suis là pour que tu puisses te reconnaître dans tout ce qui te fait honte, afin de nous permettre à chacun de se dire que nous ne sommes pas seuls.

Aujourd’hui était « un jour sans ». Probablement en grande partie parce que j’ai mes règles (brisons la gêne qui se cache derrière ce phénomène naturelle). Depuis mon burnout, je suis particulièrement épuisée ces jours-là. Vertiges, envie de pleurer, douleurs musculaires… Un jour à rester chaudement blotti sous une couette.

J’ai eu du mal à me mettre en mouvement pour aller chercher les enfants à l’école. J’ai eu dur à sortir de chez moi et à braver un temps bien doux pour la saison mais suffisamment froid pour me donner l’envie d’hiberner. Dans la voiture (oui, je sais, c’est honteux, je me plains du froid alors que je suis en voiture 😛 ), j’hésite à mettre la musique mais je me dis que ça pourrait me faire du bien. Alors, je cherche sans conviction une musique qui me parle. À mon grand étonnement, je m’arrête sur une musique joyeuse et je me mets à chanter… faussement… mais aussi énergiquement qu’une star sur scène… Hum, enfin, en version voiture (ce qui vaut mieux pour tout le monde vu mon sens du rythme). Une chanson… Deux… Trois… Puis la musique est redevenue du bruit. Alors je l’ai coupé… le sourire aux lèvres.

Quand on est en dépression, on ne prend plus plaisir à rien. C’est comme ça. Tout est lourd. Mais on s’obstine. On sourit devant les gens… quand on se montre ; on joue avec les enfants… un petit peu ; on accepte une soirée entre amis… mais pas trop tard ; on mange… sans appétit ; on écoute de la musique… sans envie. Et puis parfois, sans crier gare, la flamme de vie se ranime en nous. Cette flamme de vie, c’est l’énergie. Une sensation de joie intense anime tout le corps. L’ÉNERGIE. Il faut la perdre pour comprendre à quel point la vie n’est qu’énergie. J’aime savourer ses visites brèves mais de plus en plus fréquentes. Elle me donne l’envie de ne rien lâcher. Et elle me donne envie, aujourd’hui, de te dire à toi aussi, de ne pas baisser les bras.

Ne lâche rien. Jamais ! Essaie, encore et encore. Essaie d’écouter un peu de musique ou sors faire quelques pas. Prends ton téléphone pour appeler un ami ou une feuille de papier pour dessiner, même sans talent aucun. Si l’envie ne te gagne pas, n’insiste pas. Écoute-toi. Mais essaie, encore et encore. Ne lâche rien, jamais !

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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