Deux ans de BO… Et maintenant ?

Deux ans de burnout… Il y a de quoi déprimer. Mais, comme je l’ai dit à ma psy, je sais être indulgente envers moi-même à condition de voir que j’avance. Est-ce le cas ? Quand la sensation inverse me submerge, il n’y a qu’une solution : me lancer de nouveaux défis. Et je redémarre de plus belle.

Je repense à mes deux premières années de burnout pour prendre conscience de mes progrès. Je n’avais qu’un seul but la première année : survivre. J’étais squelettique, coincée entre la terreur de mourir et l’incapacité de contrôler ce suicide lent. C’est une sensation que je ne suis pas près d’oublier. L’ego prend un fameux coup lorsqu’on chute aussi bas. Je suis restée deux mois en état grippal. Je vivais dans le noir, incapable de supporter la lumière du jour. Je ne savais plus rien faire de mon cerveau : ni lire, ni regarder la télé, ni parler. Je ne savais plus m’occuper de mes enfants. Je n’étais plus rien.

En novembre 2018, je ne sais pas si tu t’en souviens, j’arrivais enfin à nouveau à lire. Un des premiers livres que j’ai lus était « miracle morning ». Ce livre m’avait tant enthousiasmé que j’ai créé la rubrique de mon journal : « miracle burnout ». À partir de ce jour-là, je me suis lancé quotidiennement des objectifs faisables, en essayant de bien tenir compte de mes limites. C’est à partir de là que j’ai doucement cessé de m’enfoncer. Je ne dis pas avoir trouvé LA solution, mais ce fut la mienne. Ne pas respecter mes limites me gardait en burnout, mais perdre le goût de l’effort me plongeait en dépression. Trouver un équilibre entre les deux a été essentiel pour moi. Comme quoi, un livre peut réellement changer une vie.

Peut-être que, tout comme moi, tu te demandes si on peut encore parler de « miracle burnout » lorsque ça fait deux ans qu’on ne sort pas des mailles de son filet. Alors je me suis dit qu’il était temps de retrouver le fameux tableau visuel que j’avais créé à la suite de cette lecture. Où en suis-je face aux objectifs que je m’étais fixé ? Ne me rappelant plus trop ce que j’y avais noté, j’avais très peur de me prendre une claque. C’est pour cela que je te conseille d’écrire : on oublie vite et l’écrit permet de se rappeler de nos avancées. Et tu sais quoi ? J’ai bien progressé finalement. Regarde…

Je ne risque plus l’hospitalisation, j’ai retrouvé un rythme quotidien et notre vie de famille est à nouveau beaucoup plus sereine. Eh oui, il me semble loin le temps où j’hurlais comme une hystérique, incapable de gérer la moindre source de stress sans partir dans une crise d’angoisse incontrôlable. Qu’elle me semble loin, l’époque où je dormais plus de quinze heures par jour. Celle où j’avais l’impression que tout ce qui m’était cher me glissait entre les doigts. Plus tu t’accroches, plus les choses t’échappent. Mais ne nous a-t-on pas appris que dans la vie, il faut se battre et ne rien lâcher ? Et soudain, les médecins te disent le contraire. Quelle torture mentale !

Il n’y a donc qu’un seul objectif que je n’ai pas atteint : stopper l’anti-dépresseur. En revanche, et ça n’a déjà pas été facile, j’en suis toujours à la dose minimum de 30mg. Je prends aussi conscience de tout ce que j’avais à dépasser au niveau des traumas et je ressens de l’indulgence envers moi-même. Je n’y serais pas arrivée sans cette aide. Comment envisager d’arrêter ce médicament alors que j’étais incapable de maîtriser mes crises d’angoisse ? Non, je pense que je peux être fière de mes avancées.

Mais ces derniers temps, l’impression de stagner revenait en force. Comme je te l’ai dit dans mon dernier article, j’ai fait des bons en avant au niveau mental et j’arrive à ne plus m’effondrer en cas de situation compliquée. Je gère mes angoisses (sauf dans des situations bien précises). Et j’arrive à reprendre le dessus quant au ménage, sans m’écrouler en me tuant à la tâche (cercle vicieux dont j’ai eu du mal à sortir).   Ce sont des réelles victoires ! Mais l’effort reste quotidien. Je continue à traîner des boulets aux pieds, à devoir calculer chaque cuillère d’énergie dépensée et je ressens peu de plaisir dans ma vie quotidienne. J’ai l’impression de maîtriser la maladie, certes, mais je ne guéris pas.

Du coup, pour garder la sensation rassurante d’avancer, j’ai eu besoin de me lancer de nouveaux défis. Même si je n’ai pas trop le courage de le faire sous la forme d’un tableau visuel, j’ai grande envie de partager ses nouveaux objectifs avec toi :

STIMULER LA CONCENTRATION : J’ai régulièrement l’impression d’avoir l’Alzheimer tant mes problèmes de mémoire sont handicapants. Je garde aussi d’énormes difficultés de concentration. Me poser pour lire ou écrire reste une véritable épreuve. Mon blog me sert un peu de baromètre à ce niveau-là. J’aime venir m’y poser et je dois bien me rendre à l’évidence : je n’y arrive pas. J’aimerais aussi remettre un pas dans le métier en préparant des activités pédagogiques. Bref, j’espère me poser tous les jours pour stimuler ma concentration. Un petit rituel d’une heure me semble pas mal pour débuter. Et plus si affinité, bien entendu 😉. Tu seras donc le premier à savoir si j’y arrive ou pas vu que ce blog est à mes yeux la preuve de mes problèmes de concentration. Pour te donner un exemple, j’ai mis deux semaines à écrire mon article précédent.

RAPPORT AU CORPS : Je garde une déconnexion totale avec le corps. Et vu que je suis « mieux dans ma tête », je me dis qu’il est temps de se préoccuper du reste. J’ai trouvé une kiné vraiment géniale avec qui je fais une séance de sophrologie par semaine. C’est une réelle rééducation du cerveau afin d’être à nouveau consciente des sensations du corps. Les massages n’ont jamais soulagé mes douleurs musculaires mais la sophrologie… Je flotte quand je sors de ma séance ! Double victoire donc vu que c’est un moment où j’arrive à prendre spontanément du plaisir, sans devoir me forcer à quoi que ce soit.  

ALIMENTATION : Les prises de sang montrent depuis le début que mon système immunitaire a été fort touchée par le burnout. Et je dois me rendre à l’évidence : mon corps ne redémarre pas. J’ai donc décidé de trouver un médecin nutritionnel. Remettre l’alimentation au coeur de mes besoins n’est pas un luxe après deux ans de troubles alimentaires sévères. J’attends les résultats de ma batterie de tests mais j’applique déjà doucement les conseils diététiques qu’on m’y a donné : petits déjeuners hyper-protéinés, repas de midi mixte et repas du soir végan. Je ne me mets pas la pression. Je m’attarde pour le moment sur les petits-déjeuners et je sens un réel surplus d’énergie depuis lors. Doucement mais sûrement, je recherche des nouvelles recettes et m’adapte au fur et à mesure. Double victoire encore une fois : quel bonheur pour moi – miss tout ou rien – de réussir à faire les choses progressivement.    

THÉRAPIE : C’est au niveau thérapeutique que j’ai le plus progressé. Mais il reste néanmoins du boulot. Je suis dorénavant suivie par deux psychologues : une comportementaliste qui m’aide dans mon fonctionnement propre et qui vise ma reprise de boulot. Et une spécialiste des traumas qui utilise le shiatsu et l’hypnose pour m’aider à les affronter en profondeur.

STOPPER L’ANTI-DÉPRESSEUR : Je suis certaine que les nouvelles aides que j’ai mises en place m’aideront à cesser cette petite pilule du soir. Mais, encore une fois, chaque chose en son temps. Je vis vers cette libération, mais sans pression.

Merci à toi qui me suit depuis le début et bienvenue à toi qui découvre mon blog. N’hésite pas à m’écrire (sur FB, sur mon blog ou en privé) pour me raconter ce qui fait écho en toi ou ce que tu as déjà testé,… J’aspire vraiment à partager avec toi tout ce qui m’aide. Que l’aventure continue !

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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