20/10 La douceur du quotidien

Aujourd’hui, j’étais seule à la maison avec mon p’tit bonhomme de cinq ans. Nous avons donc décidé de ranger sa chambre ensemble. Nous avons trié ses jouets ; il a passé l’aspirateur et la serpillière partout, sous l’œil attentif mais confiant de maman. Nous avons aussi enlevé ses draps pour les laver. Mon cinq ans a mis ceux-ci délicatement dans la machine, il a fermé la porte, a mis le savon dans le bon compartiment et… C’est là que la magie a opéré !

La magie d’une vie lente. Cette lenteur, totalement rejetée par notre société mais hautement appréciée par les enfants. Ils ont l’envie de rêver, de prendre leur temps. Ils ont BESOIN de vivre le moment présent et ont cette capacité délicieuse de se donner corps et âme dans chacun de leurs actes, là où nous – adultes – sommes bien trop occupés à vouloir gagner du temps en faisant mille choses à la fois. J’essaie quotidiennement de prendre exemple sur eux pour accepter cette lenteur que mon cerveau m’impose. Ils me permettent, doucement, d’accepter d’y voir une chance.

Nous mettions donc le linge dans le tonneau lorsque j’ai proposé à mon fils de nous asseoir par terre pour regarder comment fonctionne cette machine à laver qu’on utilise quotidiennement sans jamais se soucier du travail qu’elle accomplit. Et nous l’avons fait. Oui, oui, durant tout le cycle de lavage ! Nous l’avons regardée tourner lentement puis de plus en plus vite. Nous avons observé le linge valser d’un endroit à l’autre en étant de plus en plus lourd et mouillé. Nous nous sommes concentrés sur le caleçon rouge du p’tit bonhomme qu’on avait repéré au milieu de ses draps et nous nous sommes amusés à le voir voyager dans ce tambour, disparaissant à certains moments pour réapparaître quelques secondes plus tard.

Nous avons profité de ce moment hors du temps pour papoter. Une anecdote m’est revenue de nulle part. Celle de ma maman qui, petite, avait été la première de son quartier à avoir une machine à laver. Je me suis surprise à raconter ce souvenir qui n’était même pas le mien, mon imagination m’aidant à en parler comme si je l’avais vécu. J’ai précisé que tout le voisinage s’était assis au tour de ce nouvel achat pour le voir fonctionner… Comme nous étions en train de le faire à l’instant. Nous en avons profité pour découvrir en vidéo (vive les smartphones) comment on lavait le linge avant cette belle invention.

Pour finir, nous nous sommes extasiés au moment de l’essorage. Mon p’tit bonhomme ne se lassait pas de voir le contenu du tonneau disparaître dans l’oeil du cyclone à chaque fois que la vitesse s’amplifiait. Et lorsque le bruit du tambour laissa place au silence, j’ai ressenti un instant le regret d’être à nouveau consciente du temps qui s’était écoulé. Mais je fus bien vite consolée par le sourire et les yeux pétillants du p’tit bonhomme.

Ce n’est pas facile de dire merci à la maladie. Ce n’est pas facile de se concentrer sur le bon au lieu de se lamenter. D’ailleurs, je l’avoue avec regrets, je me victimise régulièrement face à mes symptômes. Pourtant, à cet instant précis, la reconnaissance me brûle les lèvres. Merci ! Merci à cette maladie de me permettre de découvrir l’univers de mes enfants, leur pleine conscience bien éloignée de la course contre la montre qu’on leur impose quotidiennement dans notre monde à nous. Merci de me pousser à trouver une autre façon de vivre, plus harmonieuse et plus humble que celle qui nous entraîne dans un quotidien dénué de sens. MERCI LA VIE !

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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