Positiver, oui mais… par Catherine Dupont

Open Mind n°12 ; juillet-août 2019 ; Dossier Positiver sans être dans le déni.

Positiver… Ce mot m’était devenu insupportable depuis mon burnout. Je suis une personne spontanément positive, enthousiaste et joyeuse. Et j’ai tellement eu l’impression que cet état d’esprit a joué dans la sévérité de mon burnout. J’aurais dû être alerté bien plus vite. Il m’a du coup fallu du temps, beaucoup de temps, pour me réconcilier avec l’optimisme. Mais petit à petit, grâce à mes lectures, j’arrive à cibler plus facilement ce qui a réellement posé problème au lieu de tout rejeter en bloc. Et justement, le magazine open mind de ce mois-ci a fait un dossier sur le positivisme. Ce dossier fait partie des lectures qui m’ont aidé à comprendre mes failles et à me réconcilier avec cet état d’esprit. En voici quelques extraits.

Sommes-nous tous égaux face à l’optimisme ?

Les individus ayant eu de fréquentes sensations de satisfaction dans leur vie ont élargi les capacités de leur circuit de la récompense. (…) Concrètement, cela signifie que pour la même bonne nouvelle, certains ressentent deux fois plus de satisfaction (sécrétion hormonale du plaisir) que d’autres.

Les conséquences de l’optimisme ou du pessimisme.

Il n’est pas difficile de comprendre que le pessimisme peut conduire à une dépression. Plus intéressant est le lien fait dans l’article entre optimisme et comportements addictifs :

Le cerveau surentraîné au déclenchement du circuit de la récompense sécréterait trop d’hormones euphorisantes, occultant les dangers potentiels d’une situation pour n’en retenir que le plaisir.Ce phénomène pourrait expliquer le fait de demeurer dans des comportements ou des relations toxiques. Le plaisir ressenti lors des petits moments de satisfaction étant décuplé, le sentiment de peur, de danger ou de tristesse serait occulté.

Positiver à mauvaise presse

La société actuelle présente la particularité de faire l’éloge de la pensée positive tout en véhiculant des images générant peur et méfiance.

Le danger d’une vision extrême ?

Nous sommes nombreux à enjoliver la réalité de nos souffrances et de nos peurs pour ne pas prendre le risque de changer les situations que nous vivons.

Ce déni mis en place par l’inconscient peut s’avérer dangereux s’il occulte les mécanismes d’alerte de notre organisme. La peur, lorsqu’elle est légitime, nous veut du bien: elle nous sert à nous préparer à nous défendre, à fuir ou à attaquer.

Dans le même registre certaines situations tragiques nous font traverser des sentiments de tristesse, d’abandon, de rejets très profonds qu’il est utile d’entendre. Aucun processus de deuil ne s’accomplit sans traverser la colère et la tristesse, parfois la culpabilité et le sentiment d’indignité… Vouloir court-circuiter cet état ne fait que le renforcer intérieurement et les angoisses refoulées réapparaîtront de plus belle.

Une autre définition du positif ?

Une vision positive serait une vision la plus objective possible, dénuée de l’interprétation biaisée relative à l’empreinte laissée dans notre psychisme par nos expériences passées.

Autrement dit devenir positif relèverait d’un travail sur nous-mêmes pour connaître nos failles et mécanismes de défense. Il deviendrait alors possible de les repérer lors de leur mise en oeuvre afin d’en amoindrir leur pouvoir. In fine, nous serions alors capables d’effectuer nos choix plus librement. Rien à voir avec l’obligation d’une vision d’un monde de bisounours.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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