30/09 : un accident est vite arrivé

Après un an de résistance, j’ai accepté de prendre un second anti-dépresseur pour attaquer mon trouble anxieux. Après avoir compris que je ne recommencerai pas encore à travailler… toujours pas… je ne me sentais pas la force de faire ma maligne en disant que non, je n’augmenterai pas la mini-dose d’anti-dépresseur que je prends depuis un an. Je me sentais fautive et obligée de montrer ma bonne foi. Au début, j’ai ressenti un énorme soulagement. Je savourais « le silence dans ma tête ». Mais en quelques jours, ce silence s’est transformé en brouillard. J’étais comateuse, je dormais quasi jour et nuit et ne faisais rien d’autre que fixer le mur durant mes phases de réveils. Moi qui commençais à me sentir mieux, c’était rageant. Après une semaine, j’ai décidé d’arrêter ce poison. Je sais que ma psychiatre ne sera pas contente, mais tant pis, je n’avais – à mes yeux – pas le choix. Ce n’est que depuis ce week-end que je reviens doucement à la vie.

Hier encore, je précisais à mon mari que – pour le moment – je sentais que j’étais un danger public au volant. Ce matin encore, je me faisais la remarque que ce n’était pas un bon jour. Je connaissais même la raison : j’avais promis d’accompagner ma fille à un endroit qui m’angoissait terriblement et je ne voulais pas l’admettre. Je me suis dit – encore une fois – que je devais juste prendre sur moi et cesser mes enfantillages. Je ne veux pas que mes enfants grandissent avec l’image d’une maman faible, une maman incapable de gérer ses émotions et qui part se coucher à 20h. Je dois résister. Si je devais m’écouter à chaque fois que j’ai des vertiges ou l’anxiété qui grimpe, je serais encore plus handicapé par cette maladie et il en est hors de question !

J’ai donc pris le volant et… j’ai roulé un km avant de me prendre une remorque. Je ne l’avais pas vu venir. C’est ce que j’ai répété en boucle : « je ne comprends pas, je n’ai rien vu ». Mais à quel point était-ce hypocrite de dire que je ne comprends pas alors que, clairement, j’avais conscience de mon état. Aurais-je su éviter l’accident si j’avais été moins dans le brouillard ? Je ne le saurai jamais. Je ne saurai jamais non plus ce qui se serait passé si le conducteur n’avait pas eu le temps de donner un coup de volant. La remorque aurait-elle foncé dans la portière du passager ? Là où ma fille était installée ? Que ne sommes-nous pas prêts à risquer par ego ?

Une chose est certaine en revanche : la honte et la culpabilité sont bien présents. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on n’accepte pas la maladie en une seule fois, non ! Le lâcher-prise se fait par à-coups. On positive, on avance, on prend confiance, on pense accepter puis on est confronté d’une façon ou d’une autre à une limite qu’on refuse et hop, le sentiment de honte, de culpabilité et de désespoir qu’on essaye de réprimander revient en force. La sensation est étrange. C’est un peu comme si on était en deuil de soi. Deuil qui se transforme doucement en acceptation. Accepter ce nouveau moi, s’identifier à ce nouveau moi. Et positiver à nouveau en attendant le deuil suivant et l’acceptation qui s’ensuivra.

Mais c’est difficile. Difficile de ne plus se reconnaître. Difficile d’accepter l’image qu’on renvoie à la société. Difficile de sourire alors qu’on n’est plus que honte. Difficile de patienter alors que les années défilent. Difficile d’expliquer ce qu’on ne comprend pas. Difficile de résister à l’envie de se convaincre qu’on est bien chez soi et que, finalement, ce n’est pas bien grave de rester caché.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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