20 août : le calme après la tempête

Petit à petit, je reviens à la vie. Je supporte à nouveau la lumière, le bruit… la vie quoi. Je n’irais pas encore m’aventurer dans un supermarché ou autre mais j’arrive à quitter le cocon que représente ma chambre pour me retrouver dans des espaces plus grands et plus lumineux tels que mon salon. La tempête intérieure a cessé. Je me sens calme et, finalement, assez fière de moi : je suis partie quand ça n’allait plus et j’ai pris les choses en main.

Lundi, je suis allée voir une nouvelle psychologue. Bon, j’ai l’art de tomber sur des psychologues atypiques, sans même chercher après… Je me suis donc retrouvée face à une psy de… 75 ans. Un peu surprise…agréablement surprise, j’ai eu l’impression de me retrouver chez ma mamie… J’ai d’ailleurs spontanément décidé de l’appeler « mamie psy » quand je parle d’elle (respectueusement, pas de façon péjorative, bien entendu). Ca sonne mieux que « ma nouvelle psy » 😉

J’avoue avoir eu un coup de foudre pour mamie psy, au point de me dire que c’est l’Univers qui l’a mis sur mon chemin. Petite, je préférais mille fois papoter avec une personne âgée que jouer avec des enfants. Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle, n’est-ce pas ? Et j’ai toujours été sensible à leur richesse, à toute cette expérience de la vie qu’ils portent en eux. Bref, je me suis vite dit « pourquoi pas ? « .

Mamie psy est spontanée, rit de bon coeur à ce que je raconte (j’adore qu’on mette de la légèreté dans des discussions plutôt pesantes à la base). Elle a vieilli avec son temps et possède une sagesse digne de son âge. Elle a un parcours sérieux, riche en expériences. Elle était effrayée à l’idée que je reprenne le chemin du boulot alors que je n’étais là que depuis quelques minutes lorsque je le lui ai annoncé. Ca m’a un peu perturbé qu’elle soit contre au premier coup d’oeil : ai-je l’air d’aller si mal ? Mais nous avons bien discuté et elle m’a immédiatement proposé des pistes concrètes. Nous allons tenter l’EMDR (j’ai eu une expérience assez mauvaise) mais « en douceur » pour reprendre ses propos. Elle semblait aussi sensible au fait que mon corps était constamment en alerte. Elle m’a donc donné rendez-vous jeudi soir pour faire une première tentative de « relaxation sous hypnose ». D’après elle, ça devrait me permettre de m’isoler dans une bulle protectrice quand les angoisses prennent le dessus. On verra mais j’ai en tout cas envie de lui laisser sa chance ! 🙂

Ce matin, j’avais pris rendez-vous avec une masseuse pour une séance de shiatsu. Autant que les massages traditionnels ne m’aident pas du tout, autant que le shiatsu… waouh ! Quelques conclusions en fin de séances qui faisaient réellement écho en moi. Quatre objectifs : 1. un repas par jour (je n’avais plus mangé depuis vendredi soir) 2. Un litre d’eau par jour 3. Se promener régulièrement, de préférence en forêt 4. Instaurer un petit rituel le soir pour essayer de retrouver un sommeil plus efficace. Je peux reprendre rendez-vous dans trois semaines pour voir les évolutions.

En sortant de là, je me sentais paisible. Je suis retournée à la mer pour profiter des derniers jours. Je t’écris donc entourée à nouveau des miens. Je veille à m’isoler régulièrement mais ça va, je savoure ma capacité à être à nouveau en groupe sans me sentir trop agressée. Je savoure le calme intérieur. Et je suis fière d’avoir géré cette crise. J’ai encore des progrès à faire pour ne pas avoir de crises aussi violentes mais j’ai su réagir assez vite et je n’ai finalement eu qu’une crise de deux-trois jours. La bataille n’est pas perdu, je garde espoir pour ma reprise ! Mais là, dans l’instant présent, j’essaie de lâcher cette idée fixe afin de profiter des derniers jours à la mer. Vive les vacances, vive les enfants, vive la mer, vive la vie.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

5 réflexions sur « 20 août : le calme après la tempête »

  1. C’est incroyable à quel point je me retrouve dans votre façon d’être.

    Mon contexte n’est pas le même que le votre, mes symptômes ressemblent mais pas systématiquement, en tout cas ils ont la même imprévisibilité, la même diversité, la même force qui oblige à ne pas les ignorer.

    Je retrouve dans vos mots mon inquiétude permanente, mon questionnement parfois trop, ce bavardage intérieur qui cherche frénétiquement à tout expliquer, cette absence de paix. Je retrouve mes espoirs, mes tentatives de m’accrocher à l’idée que ça y est j’ai définitivement compris quelque chose (le « définitivement » est ici primordial) et que je vais pouvoir me reposer un peu et avancer plus sereinement, et je retrouve aussi mes retombées, mes émotions en montagnes russes que je crois dompter alors que ça ne marche pas comme ça.

    Je vous trouve admirable d’arriver à mettre les mots comme vous le faites, car il y a beaucoup de lucidité en vous, et une grande intelligence. Je comprends vos silences aussi, votre besoin de vivre plus pour vous et le sentiment de ne plus avoir assez de temps à vous.

    On change en vieillissant et nos priorités aussi, changent. Ça peut être douloureux, culpabilisant aussi, mais en gagnant en profondeur on devient forcément plus intègre et on a plus de besoins pour soi, on voit mieux que ce qui nous entoure nous correspond moins qu’avant et, quand on est resté loin de soi longtemps, on ne comprend pas toujours pourquoi ce qui convenait ne convient plus en l’état.

    On voudrait revenir à un état plus apaisé, plus normal, l’état d’avant où les angoisses n’existaient pas. Seulement quand on a trop avancé – et je vois le burn-out comme une avancée car il rapproche de l’essentiel – on sait bien qu’on ne peut plus revenir en arrière même si c’est extrêmement difficile à accepter.

    Je ne sais pas pas si ça peut vous aider de savoir que d’autres sont aussi torturés que vous, mais moi ça m’aide de vous lire. Quand on s’interroge, même parfois de travers dans la panique, on est sur le bon chemin je crois.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Vertie. C’est horrible en fait de dire que ça m’aide que d’autres soient aussi torturés que moi 😉… Mais oui, c’est vrai. Ça fait du bien de se sentir compris et vos mots me font beaucoup de bien. Je me sens parfois tellement bête de ne pas arriver à changer mon fonctionnement. Merci beaucoup et à bientôt 🌹

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      1. Oups. Aider dans le sens me montrer ce que je ne vois pas chez moi parce que j’ai le nez dans le guidon ! (pas aider parce que ça ferait du bien de savoir d’autres malheureux).

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