17 août : La chute

Juin… pas le temps, faut penser aux examens des enfants

.Juillet… Pas le temps, faut profiter de la famille et des amis.

Août… Pas le temps, faut penser à la rentrée.

Cela fait trois mois que je ne me donne à nouveau absolument pas le droit de réfléchir. Ne pas réfléchir, c’est se permettre de ne rien remettre en question et de continuer sa vie comme si de rien était. Je suis donc rentrée dans une longue phase d’hyperactivité avec comme seul objectif de recommencer à bosser en octobre…

Nous sommes à la mer, en famille nombreuse, depuis jeudi. J’ai nié les premiers signes du corps qui tente de me prévenir que je ne tiens plus compte de lui. Les bruits résonnent forts et le moindre mouvement brusque me fait sursauter. Ma concentration est lamentable à un tel point qu’il n’y a que mon hyperactivité qui peut m’aider à le nier : je suis incapable de me poser, de lire, de regarder la télé, d’écrire, de dormir, de penser…

Mon mari me propose de rester à la maison… Je refuse et je pars avec la toute la troupe.

Tout résonne, je perds pieds… Mon mari me propose de rentrer à la maison… Je refuse.

Je veux profiter. Profiter des enfants, de la famille, de la mer, des jeux de société, des promenades… Je veux profiter, mais je ne profite pas. Mon corps se rebelle. Tout m’agresse. Je suis nerveuse et je dégage ce stress sur mon mari. ça va partir en vrille, je le sens. Je pars comme une voleuse et je rentre chez moi.

Sur la route et même une fois chez moi, l’indécision me hante : je devrais faire demi-tour et retourner là-bas…. Non, tu vas faire vivre un enfer à tout le monde, tu restes ici quelques jours ! …. Oui, c’est de ça dont j’ai besoin, rester ici ! Je vais me poser, écrire, ranger et je profiterai des enfants quand ils reviennent ! …. Mais bon, en même temps, ici je vais ranger. Alors que là-bas, je peux un peu lâcher-prise. Je peux très bien lire et écrire là-bas. Je dois juste veiller à m’isoler un peu chaque jour. Et comme ça, je ne suis pas obligée d’être seule toute la journée ! …… Mais je suis seule avec les enfants la semaine prochaine, ce serait peut-être mieux de récupérer quelques jours pendant qu’ils jouent tranquillement à la mer, bien avancer dans le rangement et être plus disponible la semaine prochaine ! ….. Sauf que la semaine prochaine, je peux ranger tout en m’occupant d’eux. Je profiterai peut-être plus d’eux à la mer. J’y retourne ! …… Mais si je veux être prête pour retravailler, c’est bien d’avancer. Non, c’est sûr, je reste ! … Mais vais-je être capable de retravailler, quand je vois comme j’ai vite commencé à perdre la tête dans cette maison qui résonne, comment vais-je faire en classe ? ……. »

Ne mettons pas tout sur la maladie, j’ai toujours été une indécise, je l’avoue. Sauf que ça ne me mettait pas dans un tel état d’angoisse. Maintenant, je perds totalement pieds. Ma tête se met à hurler. Des centaines de pensées se battent entre elles au milieu de tous mes neurones. Elles s’arrachent la première place afin d’être validée. Je ne les entends plus tellement il y en a. Mon corps craque. Je sens l’adrénaline – qui a dû à nouveau me booster ces dernières semaines – quitter mon corps. Et tout, TOUT ce que j’ai refoulé dans l’inconscient ces derniers mois m’envahit intégralement. TOUT ce que je refusais d’entendre hurle dans ma tête. Je m’imagine me fracasser la tête contre le mur pour que ce vacarme intérieur cesse. Je me recroqueville en position foetale. La colère, les doutes, la souffrance me rattrapent. Recroquevillée sur moi-même, dans le noir complet, sans bruit ni mouvement, je ne suis plus qu’un corps auquel j’obéis, terrifiée… Mon esprit est droit en enfer. Je sais qu’il n’y a rien d’autres à faire que d’attendre que ça passe. Téléphoner à un ami dans un tel état est impensable. Je ne sais plus parler de façon cohérente, je le sais ! Je ne sais plus quelle heure il est… je ne suis même pas sûre du jour. Je m’endors d’épuisement en espérant me réveiller délivrée de cette torpeur.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je ne fais jamais rien à moitié.

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