13 mai : l’heure de la vérité

La semaine passée a été une semaine difficile. Disons que j’ai dû faire face à des problèmes directement liés à l’élément déclencheur de mon burnout… La source première de mes angoisses. Je n’aime pas aborder ce sujet là, je donne probablement l’impression d’être quelqu’un qui se livre facilement mais je suis pudique malgré tout.

Bref, bref, l’important ici, c’est que je me suis fait remontée les bretelles par ma psychologue. Elle me connaît dorénavant par coeur, je pense, et elle ose être directe avec moi. Elle sait que ça me fait réagir. Et j’avoue qu’elle n’a pas raté le coche. J’étais déjà dans un état lamentable en arrivant chez elle mais j’ai essayé de faire bonne figure. Oui, je suis du style à m’excuser chez la psy de ne lui parler que de mes problèmes. « En même temps, c’est un peu mon métier, non ? ». Hum, oui, peut-être… Je sais, c’est désespérant…

Mon corps est à nouveau en train de craquer et je le refuse. J’arrive donc chez ma psy avec écrit en grandes lettres sur mon front « je ne vais pas bien mais je pense pouvoir te le cacher ». Et j’ai cru à fond à mon rôle durant… deux minutes. Ensuite, c’est la douche froide : « Mais tu penses vraiment que tu arrives à tromper ton monde ? Mais tu ne trompes personne d’autre que toi. Tu as vu comment tu te tiens ? Redresse-toi, respire, soulage ton corps au lieu de le bloquer continuellement. Arrête de tout garder en toi ! Toute ton énergie part là-dedans ».

J’écoute, plus un mot ne sort, je sers les dents pour ne pas pleurer. Elle m’explique que je ne fonctionne qu’avec le mental : « tu décides quand tu as le droit de dormir, de te reposer, quand est-ce que tu dois fournir un effort ou pas,… Mais tu dois apprendre à écouter ton corps. » Je veux me défendre en précisant que, justement, c’est mon objectif de ce mois ci : le corps ! Je vais faire une séance de yoga tous les matins, j’ai pris rendez-vous chez une diététicienne, je… Elle n’écoute même pas : « c’est le mental tout ça, le mental ! Ne te mets pas la pression, ne t’oblige pas à faire une heure de yoga par jour. Écoute ton corps. Étire-toi le matin. Prends le temps de sentir où tu as mal et étire-toi tel un chat pour te faire du bien, lâche le mental, fais ce que ton corps te demande. Pareil pour la nourriture. Ne fonce pas chez une diététicienne, tu ne tiendras pas… pas encore. Lance-toi le simple objectif d’un repas par jour. Et parfois, tu n’y arriveras pas et ce n’est pas grave, c’est juste un objectif.  » Je me sens déconcertée face à des conseils qui semblent si simples et qui me paraissent pourtant impossibles. Depuis mon burnout, je suis obligée de croire à l’écoute du corps et tout ce touin-touin. Mais je dois avouer qu’au bout d’un an et demi, ça ne me parle toujours pas plus. J’ai juste pris conscience que j’en suis totalement déconnectée.

Elle m’explique sa soirée de la vieille : « tu vois, je devais faire la vaisselle. Et je n’en avais aucune envie. Qu’est-ce que tu aurais fait, toi ? Tu te serais sermonnée en te disant que tu devais la faire à point c’est tout ». J’acquiesce timidement. J’ai toujours été vue comme la baba cool d’une famille de perfectionnistes alors ce genre de discours me met très mal à l’aise. Mon cerveau est un fan inconditionnel du syndrome de l’imposteur. Je dois faire un gros effort pour ne pas la contredire en lui expliquant à quel point je suis paresseuse. Mais je me tais, j’accepte cette vérité qui ne colle pas à l’image que j’ai de moi-même et j’écoute la suite :  » Et tu sais ce que moi j’ai fait ? J’ai écouté mon corps. Il m’a dit qu’il avait mal partout et qu’il avait besoin de s’allonger. Et je me suis allongée. Cinq minutes. Et j’ai su faire la vaisselle sans souci par après ».

Comme souvent, j’utilise une métaphore pour vérifier ma compréhension : « En fait, c’est comme si mon corps était une voiture. Elle a besoin de s’arrêter pour faire le plein et moi je garde cette horrible impression que si je m’arrête, elle ne redémarrera pas et j’appuie à fond sur l’accélérateur pour booster la voiture ? ». Voilà, c’est exactement ça ! Me répond-elle.

Ok, donc changement programme, je continue le miracle burnout car je sais qu’il m’aide à contrôler la dépression et à avoir un rythme sain. Sans action, le corps se meurt et reste piégée dans la fatigue, j’en suis convaincue. Mais je pense qu’il est temps que je change certaines choses. Je ne sais pas encore comment je vais appliquer ce changement de façon concrète, mais je dois cesser d’analyser ma maladie. J’ai donc pris une décision « radicale » dont je te parlerai d’ici quelques jours….

Ce blog est vraiment mon petit lieu secret où je me permet de m’affirmer un peu. Je ne cherche pas à devenir blogueuse ou à gagner de l’argent ( La première fois que j’ai eu plus de cent vues sur la journée, j’ai fait une crise d’angoisse, c’est tout dire 😏), ni même à écrire un livre. Je suis juste quelqu’un qui aime sincèrement le partage d’expériences, la plus belle des richesses. Et je suis ravie du nombre de rencontres que ce blog m’a permis de faire. Bref, je vais continuer à opérer les premiers changements ici 😉 Dorénavant, j’arrête d’analyser mes silences, mes écritures, mes efforts,… Je vais continuer mon miracle burnout car il m’aide mais je vais dorénavant me laisser aller à écrire ce que je veux quand je veux et cesser de transformer ce blog en check-up quotidien 😉

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

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