Quelques nouvelles

C’est presque devenu une habitude… passer régulièrement quelques semaines(même quelques mois) sans internet pour me libérer la tête. Et à chaque fois que je décide de reprendre mon blog, je ressens une sensation bizarre. C’est à chaque fois le premier pas que je franchis pour revenir vers les « vivants ». Ma phobie sociale reste fort présente et le blog m’aide à avoir une petite étape intermédiaire entre l’isolement totale et le retour dans la vraie vie. C’est donc timidement que je refais surface ici. J’ai quelques lecteurs fidèles qui m’envoient un p’tit message quand le silence devient long… ça me fait du bien ces petites piqûres de rappels, toujours respectueuses mais rempli d’un cri de la vie : « viens, tes textes me font du bien, j’ai lu tel livre grâce à toi, je me suis mise sous certif grâce à toi… Et l’envie de vivre revient. » Merci ❤

Ces dernières semaines ne furent pas faciles. Mais je suis bien décidé à me battre. Comble de l’ironie, je ne me suis jamais sentie aussi battante… tout en ayant jamais ressenti à un tel point l’étiquette de « faible » collé sur mon front. Le paradoxe n’est pas facile. Mais après tout, n’est-ce pas là un sens que j’ai réussi à trouver à mon burnout : apprendre à lâcher la pensée des autres et me concentrer sur moi. Donc, même si ça ne se voit pas, même si je dégage tout le contraire, je suis fière de moi car je mène une lutte incessante pour ne pas me laisser complètement engloutir par cette maladie.

Physiquement, je vais beaucoup mieux. Je tiens, non pas sans efforts certes, du matin au soir. J’ai repris pas mal de corvées à ma charge. Je suis enfin capable de tenir bon devant les gens au lieu d’errer comme un zombie totalement perdu. Je me sens à nouveau maman, même si je ne peux passer que quelques heures seule avec les enfants si je ne veux pas péter un câble pour tout et n’importe quoi. Emotionnellement, j’arrive à me contenir plus longtemps. J’arrive à prendre sur moi quand je dois aborder une personne. J’arrive à sentir les angoisses monter et à les canaliser… un p’tit peu… parfois. Par contre, mon intolérance au bruit et aux mouvements reste très présent. Dès qu’il y a de l’animation, j’ai des vertiges de dingue. Je fais ce que je peux pour me concentrer mais je suis totalement déboussolée. J’essaie de faire abstraction des bruits ambiants mais mon cerveau ne filtre plus rien, tous les bruits ont la même intensité et je peine à entendre ce que mon interlocuteur me raconte.

La dépression est là, elle me guette, je la sens. Mais j’ai pour le moment la force de la rejeter fermement. Je me parle constamment : « Non, tu ne m’auras pas. Ok, ça n’avance pas comme tu le voudrais. Ok, tu sens le risque de ne jamais reprendre le travail te pendre au nez, mais là on va fonctionner au jour le jour et ne pas se poser de questions sur le futur, au sinon, je vais dégringoler toutes les marches difficilement atteintes. » Alors je me focalise sur le présent, encore et toujours. Je mène une lutte sans répit contre… moi-même… C’est du moins mon impression. Je lutte contre mon fonctionnement tout ou rien, mon envie de croquer à nouveau la vie à pleine dents, mes angoisses, ma culpabilité, mon besoin de me projeter dans le futur, l’ego qui se rebelle, mes douleurs, ma fatigue, mes limites, … Je lutte encore et toujours contre mon propre esprit, mes propres pensées négatives, ma piètre image de moi-même…. Je lutte pour à nouveau sourire, être positive, dynamique, pleine de projets et de joie de vivre… Tout en acceptant la larve que je suis pour le moment. Je lutte !     

Le « miracle burnout » m’aide réellement. Pour rappel, le miracle burnout consiste à me lancer des petits objectifs quotidiens pour combattre l’impuissance apprise. Je reste persuadée que cette impuissance acquise fait partie des grands dangers du burnout. Tous les soirs, je prends quelques minutes pour écrire et faire le point. Tous les soirs, je me lance des objectifs pour le lendemain. J’essaie de tenir compte des obligations de la semaine, du niveau atteint par mes batteries,… Et ça fonctionne réellement. Cela fait plusieurs mois que je fonctionne ainsi et je n’ai plus rechuté depuis. J’ai des hauts et des bas, je calcule le moindre de mes faits et gestes, mais je n’ai plus sombré dans la dépression. Il me semble avoir trouvé l’équilibre nécessaire : respecter mes limites pour ne pas rechuter au niveau du burnout et faire suffisamment que pour ne pas sombrer dans la dépression.

Voici en gros à quoi ressemble mes avancées et limites pour le moment.

Je t’assure, mettre tout ça par écrit aide à faire le point et je t’encourage sincèrement à en faire de même et ce de façon régulière. Tout ceci me demande une telle énergie que j’ai parfois du mal à ne pas me décourager. Je garde par exemple plus facilement mon calme mais en grande partie parce que je programme tout pour éviter des moments de stress. Je pars par exemple une demie heure à l’avance quand je dois me rendre quelque part afin d’être zen au volant. Le moindre imprévu continue à me mettre dans un état de panique déprimant mais, doucement, je trouve aussi le moyen de me calmer plus rapidement qu’avant. En comparant mes petits tableaux, je m’empêche de basculer en mode Caliméro : je progresse et je dois juste continuer à accepter que ça prenne du temps. Je me concentre sur les avancées et non les limites.

J’espère retrouver le goût d’écrire régulièrement car ce blog fait partie des choses qui me tiennent debout. A bientôt


Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

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