Tenir bon

Mes silences

Les angoisses sont toujours forts présentes. Je lutte par l’action mais c’est difficile. Je ne rêve que de mon lit, de dormir, d’oublier. Cette sensation qui envahie tout le corps m’épuise réellement. C’est une tornade d’émotions négatives à l’intérieur, des émotions sur lesquelles je ne sais pas poser de mots, je les ressens sans savoir les décoder. Mes neurones en pâtissent : je suis lente, sans suite dans mes idées, très silencieuse. Je sais que je dois imaginer les angoisses telles que des nuages qui passent dans le ciel. Il ne faut pas s’y accrocher mais les regarder passer. Le problème c’est que dire à une personne angoissée de ne pas s’accrocher à ses angoisses, c’est comme dire à quelqu’un qui a mal de ne pas penser à sa blessure. C’est vrai, le truc fonctionne, mais il demande tellement de self-contrôle et nous épuise à un tel point qu’il est difficile de l’appliquer.

Goût de l’effort

Hier, je me suis focalisée sur la lessive. Oui, avoir un but dans sa journée, même si c’est un but aussi déprimant que « je veux rattraper le retard dans mon linge », permet de nous éloigner de cette tornade d’émotions. Aujourd’hui, pas de trajets scolaires. Je vais donc achever mon but d’hier en nettoyant la buanderie et en repassant la petite pile restante. Le temps donne envie d’entreprendre le grand nettoyage d’automne (bien avant l’heure) mais gardons la tête sur les épaules et faisons les choses au fur et à mesure.

Moments de bonheur

Passer la journée d’hier avec ma fille et tester l’intelligence de notre chien (qu’est-ce qu’on a ri ! :-p ).

Lecture et écriture

À nouveau sujette aux angoisses extrêmes depuis plus d’une semaine, je me concentre beaucoup sur cette citation pour le moment. J’y crois vraiment. Il est difficile de ne pas se laisser envahir par les angoisses mais c’est évidemment la pire chose à faire. La dépression prend à nouveau bien le contrôle de ma vie mais j’ai l’impression de seulement commencer à comprendre certains de ces mécanismes. Je suis tout le temps dans la culpabilité des « il faut » et « je dois ». C’est bien de se booster et je maintiens que l’action tue les angoisses. Mais – même si les « il faut et « je dois » font du bien par rapport à la sensation de ne maîtriser plus rien (l’impuissance acquise), elles ne vont pas pour autant suffire à sortir d’une dépression. Car pour combattre le dérèglement hormonal, il faut booster son cerveau de messages POSITIFS, il faut se faire du bien.

Il y a quelques mois, j’ai décidé d’attaquer mon miracle burnout et de me fixer des objectifs. Ca fonctionne ! Je maîtrise bien mieux mon burnout et ma dépression les jours où j’arrive à me focaliser sur un but. Pourtant, la fatigue et les angoisses se réinstallent doucement… La lassitude surtout. L’impression de me battre dans le vide contre une maladie sur laquelle je n’aurais jamais le dessus. Et soudain, je me rappelle les propos de ma psychiatre. Elle trouvait que je voulais reprendre « trop vite » le dessus sur ma vie personnelle, qu’avant de me fixer des objectifs, je devais apprendre à penser à moi, à faire des choses pour moi. Je dois admettre que je perds un peu de mon énergie chaque jour. Me serais-je encore une fois trompée de route ? Bon, il n’y a pas d’échecs, que des apprentissages. Je me fixe beaucoup trop d’objectifs visant uniquement à me déculpabiliser. Ma vision de la maladie et de la guérison est remplie d’injonctions et de culpabilité. Les propos de ma psychiatre prennent enfin tout leur sens : pour guérir, il faut se faire plaisir.

Tout ça pour dire que cette semaine, je compte me concentrer sur les pensées positives. Moi qui étais si positive, je vois le négatif partout depuis un an. Alors cette semaine, on se concentre sur ce qui fait du bien, on voit ce qui est fait et non ce qui doit encore être fait, on nourrit notre cerveau de positif. Le mien en a grand besoin en tout cas car les idées noires commencent à prendre de l’ampleur.

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

3 réflexions sur « Tenir bon »

  1. Bonjour,

    C’est un chemin difficile que de sortir d’une dépression. Si je peux me permettre, j’ai lu plusieurs fois dans votre article ‘il faut » et « je dois ». C’est incroyable comme le langage peut être révélateur des tribulations de l’âme. Et s’il était possible de remplacer « il faut » et « je dois » par « je veux »? Choisir ces mots. Et aussi car toute action qui n’apporte pas de joie est nocive. C’est une belle façon de reprendre le contrôle et de re(trouver) l’envie et le sourire.

    Bon courage

    Aimé par 1 personne

  2. Bravo car dans ta détresse tu arrives à écrire avec brio car tu décris bien les choses!!!
    Moi j’ai réussi beaucoup de choses mais écrire est très dur pour moi bien que je sais à quel point cela peut être salvateur.

    Bonne soiree 😊😊😊

    Aimé par 1 personne

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