Quand les angoisses resurgissent

Mes silences

Trois jours que mes angoisses sont de retour. Elles avaient mystérieusement disparu il y a quelques mois et reviennent par surprise. Pourquoi ? Je ne trouve pas d’explications. Tout ce que je sais, c’est que mon corps réagit à nouveau comme s’il était seul au milieu d’une forêt… en pleine nuit. Tout me demande une énergie de dingue car ma seule envie est de rester en position fœtale dans le fauteuil, tel un abri au milieu de cette forêt effrayante.

Je culpabilise. Je culpabilise de ne pas aller mieux, d’infliger ça à mes enfants, à ma famille,… Je me sens terriblement égocentrique et faible, parano sur ce qu’on doit penser de moi, la ratée qui ne sait même pas reprendre le dessus sur cette foutue maladie.  

Mes lectures et écrits

« Tous les phénomènes qui nous traversent sont comme des nuages qui traversent le ciel. C’est exactement ce qui se passe dans notre vie, mais nous nous accrochons aux nuages. Ce qui nous mène, ce sont nos peurs et beaucoup d’autres sentiments restrictifs. Nous leur accordons une importance démesurée comme si eux seuls remplissaient notre vie. C’est vrai que vivre une phase difficile, parfois très difficile, n’est pas évident. Mais c’est comme une tempête, elle ne dure pas toute la vie. » (Ne crains pas que ta vie prenne fin un jour mais plutôt qu’elle n’ait jamais commencé. Laurence Luyé-Tanet)

Ne pas s’accrocher aux nuages. Garder en tête que ce n’est qu’une tempête. Ne pas aller à contre-courant mais accepter et suivre la vague.

« Si vous traversez un moment où vous vous laissez happer par une difficulté et que vous sentez que votre énergie en pâtit, prenez conscience de ce qui se passe. Réalisez que cela n’est pas toute votre vie, tout votre champ d’action ne se réduit pas à cette difficulté. C’est l‘émotion dérangeante qui crée l’arbre qui cache la forêt. Essayez de trouver un espace où vous vous sentez bien, où vous pouvez puiser une énergie constructive. Il ne s’agit pas de fuir dedans, mais de savoir revenir à cette source régulièrement pour ressentir le bien-être et retrouver, ne serait-ce que quelques instants, cette sensation. »

C’est vrai, nous ne pouvons pas avoir tous les jours un soleil étincelant qui nous accompagne. Que faire les jours de tempête ? Se faire du bien… Se blottir dans le fauteuil avec un thé et une couverture au lieu de se mettre en boule et de se laisser envahir par les angoisses, la honte, la culpabilité. Se réfugier dans les livres, lâcher tout ce qu’on peut lâcher, se ressourcer en attendant que la tempête passe. S’occuper comme on s’occupe un jour de pluie.

Goût de l’effort

Dans ces moments-ci, tout demande un effort surhumain. Il me faut des heures pour réussir à sortir du lit, avec comme seule envie de passer directement du lit au fauteuil. Mes yeux me piquent comme si je les avais gardés grands ouverts toute la nuit. Les muscles de mon dos, mes épaules, ma nuque et mes bras sont à nouveau tendus à un point tellement douloureux… Comme si un camion m’était passé sur le corps (oui, bon, j’imagine bien qu’un camion qui me passerait sur le corps serait légèrement plus douloureux mais bref 😉 ).

Je m’accorde donc le droit de me réveiller quand je veux car je sens que l’effort de me lever tôt serait de trop. Je m’accorde aussi le droit de passer directement du lit vers le fauteuil mais je refuse de rester en boule et je me force à prendre un livre afin d’atténuer mes angoisses. C’est un bon début : au bout d’une heure, je me sens déjà plus apaisée. Il est temps d’attaquer mon goût de l’effort, indispensable à mes yeux pour garder une envie de vivre. Je veux surtout sentir cette forêt s’éloigner et je sais que l’action chasse les émotions négatives. Ma règle est simple : la cuisine doit être rangé. C’est con mais ça me permet d’avoir un minimum d’effort sur ma journée. Ca me demande un énorme effort aujourd’hui mais chaque geste semble me donner un peu plus de force pour résister aux angoisses, chaque pas semble faciliter le pas suivant.

La cuisine est rangée et nettoyée, je me réfugie dans l’écriture de ces quelques lignes avant de me préparer à aller chercher les enfants. Ce n’est pas tant la route qui me pose un problème. Ce qui est difficile, c’est d’assumer l’animation en rue : les voitures, les gens, le bruit, les mouvements,… Parler, sourire, faire semblant de ne pas se sentir au milieu d’une forêt, paraître « normale ».

Je pense trouver doucement un équilibre entre un effort bénéfique et un lâcher-prise indispensable. Ranger la cuisine m’a fait du bien, je me sens clairement mieux que si j’étais resté en boule dans le fauteuil. Me ressourcer le reste du temps me permettra de tenir bon cette après-midi avec les enfants.

Moments de bonheur

As-tu eu droit, toi aussi, à ce petit rayon de soleil ce midi ? Ca n’a duré qu’un instant, juste le temps de se rappeler à quel point la chaleur du soleil revigore. Envie de suivre le rythme de la nature et de renaître au printemps qui approche doucement… Qui sait ? 😉

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

8 réflexions sur « Quand les angoisses resurgissent »

  1. Ca va passer. Ne culpabilisez pas, nous avons tous des hauts et des bas… Gardez en tête le chemin parcouru durant ces derniers mois… Vous allez vous en sortir.
    Et je vous dirais bien « chapeau! » d’avoir réussi à écrire ces lignes qui font du bien aux autres… Merci !

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  2. Ne pas culpabiliser quand des moments de faiblesse réapparaissent. La vie c’est un mélange de moments agréables et d’autres qui le sont moins. Il faut du noir et du blanc pour que tout soit complet; si l’un manquait, il manquerait la moitié de la vie.
    Dans ces moments de doute, prendre conscience de ses émotions, les regarder sans les juger, puis diriger son esprit vers des moments de gratification passés. Se remémorer quelques bons souvenirs pour retrouver le sourire. Il faut méditer un peu, cela aide aussi. Et enfin, c’est important de les avoir mis par écrit pour exorciser, les former pour s’en débarrasser. Noircir une page avec ces idées obscures, puis la brûler.
    bon courage.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ces précieux conseils. Je commence effectivement à comprendre que j’ai fouis les émotions négatives au lieu de les accepter et de les écouter. Je commence aussi à comprendre qu’il est important d’écrire quand ça va mal et pas seulement quand je suis positive. Il me reste encore à intégrer tout ça mais la prise de conscience est là même si la culpabilité est toujours bien présente…

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      1. Il faut écrire surtout quand le moral baisse, effectivement 🙂
        Et il semblerait par ailleurs qu’avoir conscience des problèmes et du malheur n’aide pas à le résoudre: c’est le cerveau qui se parle à lui-même des choses qu’il voudrait voir changer en lui… D’où l’importance de bouger, faire et écrire. Dans toutes ces situations, le cerveau ne prend plus autant de place et peu à peu passe en arrière plan.

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      2. Je suis à 100% d’accord avec vous. Je suis convaincue qu’il faut bouger pour se sortir des angoisses et de la torture du mental. Ce n’est pas tous les jours facile à appliquer mais je suis entièrement d’accord avec vous.

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