L’ego et l’être

Mes silences

Doucement, je sens le mental qui se revigore, la joie de vivre qui renaît… Parallèlement, je sens le burnout qui impose ses limites, le corps qui n’a pas l’énergie de suivre les ardeurs de l’esprit. Je prends conscience de cette ardeur dévorante, celle qui me permet d’avoir ce moral d’acier, mais qui m’empêche de ressentir la fatigue du corps. Elle est ma plus grande force car elle reflète une soif de vivre énorme qui me permet de rebondir encore et toujours, mais elle est aussi celle qui me met à terre par cette hyperactivité qu’elle engendre. C’est elle qui m’empêche de « goûter au ralentissement de mon corps » sans sombrer en dépression. Chercher l’équilibre, encore et toujours. 😊 Il va falloir apprendre à zoner dans les nuances de gris au lieu de ne voir que le blanc et le noir.

Lecture et écriture

Mon extrait sera long aujourd’hui mais je tiens à le partager car il a été un véritable déclic pour moi. Pourquoi le burnout m’a-t-il plongé en dépression ? Laurence Luyé-Tanet donne une réponse qui fait vraiment écho en moi. Je n’ai existé, en termes de valeur personnelle, qu’à travers mon métier et mon tempérament calme et patient. J’ai perdu les deux en un clignement de paupière… Parallèlement, mon côté « neuro-atypique » à certainement creusé un bel écart entre l’ego et l’être. Que ne ferions-nous pas, enfants, pour correspondre à la norme ?

Je te laisse découvrir cet extrait qui fera peut-être écho en toi aussi.  

L’ego est cette part de nous qui s’est construite au cours de notre vie, grâce à notre éducation, grâce à nos expériences, à nos croyances… L’ego est la manière dont notre personnalité fonctionne. C’est tout ce qui nous fait adhérer à nos valeurs, tous nos systèmes de référence, en particulier au niveau mental. Dans tout cela, il y a ce que nous avons fait nôtre parce que cela fait suite à notre expérience, et puis tout ce dont nous avons hérité de croyances familiales… Et plus encore, tout ce qui nous nourrit au niveau de l’inconscient collectif. Tout cela, nous y adhérons sans nous rendre compte qu’il y a un perpétuel changement. Nous nous évertuons même à nous y accrocher. Toute la gamme des émotions et sentiments s’exprime pour nourrir notre ego. Ce que nous considérons comme injuste et qui nous met en colère, ce que nous tentons de retenir et qui crée chagrin et colère, ce pour quoi nous combattons… (…) Ajoutez à cela votre métier, votre position sociale, le regard des autres (ou l’importance que vous y accordez)… qui fait de vous quelqu’un, quelqu’un de bien de préférence parce que c’est ce que vous tentez désespérément d’être. Voici donc quelques-uns des constituants de l’ego. Lâchez cela, qu’est-ce qu’il reste ? Souvent une dépression. (…) Ce que je veux vous dire, c’est que si vous êtes dans un état dépressif, c’est que vous êtes sûrement coincé dans le fonctionnement de l’ego et que la part de l’Être est réduite à sa portion congrue. (…) Nous avons esquissé un portrait de l’ego, esquissons maintenant celui de l’Être. L’Être est cette part de nous, éternelle, immuable, faite de Joie. (…) La clé est de retrouver le lien avec notre Être. Ce lien c’est, comme je vous le disais précédemment, la Joie. (…) Un des premiers pièges est de s’identifier à cet ego. Nous nous identifions à qui nous croyons être, à l’image sociale que nous avons, à notre métier…, c’est-à-dire à une apparence extérieure. (…) C’est par exemple ce qui se passe lorsqu’une personne arrive à la retraite et qu’elle n’a existé, en termes de valeur personnelle, qu’à travers son métier. Au moment de la retraite, il peut y avoir dépression, maladie subite, voire décès, car elle se trouve face au vide intérieur que le milieu professionnel extérieur ne comble plus. Il est impératif de relier l’ego et l’Être. Lorsqu’il y a trop d’écart entre les deux, cela crée un mal-être qui peut parfois atteindre une intensité très forte. (Ne crains pas que ta vie prenne fin un jour mais plutôt qu’elle n’ait jamais commencé. Laurence Luyé-Tanet)

Prendre soin de soi

Se lever avec un dos complètement bloqué et se rendre compte que, par chance, on a justement rendez-vous chez sa kiné… Que demander de plus ! :-p  Séance kiné avec une première expérience positive de l’acupuncture. Je stressais un peu mais j’ai survécu et même apprécié la séance !

Moments de bonheur égoïstes ou partagées

Le petit mot d’une amie qui m’est chère. Une personne que j’ai toujours appréciée. J’ai toujours senti une énorme douceur émaner d’elle, une sensibilité à la hauteur de sa discrétion. mais je n’ai  jamais pris le temps de mieux la connaître. La maladie nous a frappées toutes les deux et elle ne rate pas une occasion pour m’envoyer ses pensées. Sa présence sincère me touche d’autant plus qu’elle pourrait si facilement minimiser mes soucis de santé en comparaison aux douleurs que sa maladie lui inflige. Elle me rassure quant à ma crainte de ne pas pouvoir retravailler alors qu’elle sait qu’elle ne le pourra réellement plus jamais. Elle est toujours la première à me lire… Je sais que tu te reconnaîtras : MERCI ❤   

Goût de l’effort

J’avoue avoir difficile à me concentrer sur le positif. J’ai lâché post-pauser l’objectif de la reprise de travail dans le seul but de reprendre confiance en me fixant des plus petits objectifs atteignables mais force est de constater qu’assumer les trajets scolaires et être à nouveau présente pour les enfants jusqu’au soir me fait puiser l’énergie dans mes faibles ressources. J’ai à nouveau les nerfs à vifs et les muscles crispés à en faire vraiment mal. Et si cet objectif me coûte déjà tant d’efforts…. Quand est-ce que je vais être capable de retravailler ? Oui, je sais, ce questionnement à lui seul prouve que le boulot ne me lâche toujours pas complètement. Et peut-être que cette ardeur cache inconsciemment l’envie de fuir mon « vide intérieur » (oui, ça me fait encore bizarre d’utiliser de tels termes, je me sens mieux en les mettant entre guillemets 😉 ). Mais je chasse bien vite ces idées et je me concentre sur mon premier objectif. Essayer d’être bien à l’écoute de mon corps pour ne pas dépasser les limites ; accepter de déléguer quand j’en ressens le besoin, me ressourcer quand les enfants sont à l’école,…

   

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

4 réflexions sur « L’ego et l’être »

    1. Merci beaucoup pour ces quelques mots. Ca me fait du bien de savoir que mes textes peuvent aider d’autres personnes. Je vous souhaite plein de douceurs également, de la bienveillance envers vous mêmes et toutes les ondes positives nécessaires pour sortir de cette maladie.

      J'aime

      1. Merci, ça me touche…
        Je suis à chaque fois surprise de voir les similitudes entre ce que vous vivez et ce que je vis. Surprise aussi de voir que je me retrouve dans vos reflexions au sujet de votre parcours.
        C’est appréciable de voir que d’autres personnes ont les mêmes interrogations…
        J’ai bien aimé l’article « à toi qui ne peut pas te permettre un burn out » qui est arrivé sur ce blog juste au moment où je m’inquiétais d’être aussi inquiète pour mes amis en activité.
        Merci aussi pour le lien vers le site de Nicole Bordeleau, j’aime bien ce qu’elle propose sur sa vidéo de Qi Gong.
        Bon courage à vous.
        Bonne soirée.

        Aimé par 1 personne

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