Le verre de jus d’orange…

Mon sept-ans a renversé son verre de jus d’orange. C’est un évènement qui paraît banal, dis comme ça. Il n’aime pas se servir seul, mais je l’incite malgré tout à le faire. Il n’aime pas se servir seul justement parce qu’il a peur de renverser son verre. Je lui réponds à chaque fois qu’il n’arrivera jamais à se remplir un verre sans le renverser s’il demande toujours à quelqu’un de le faire à sa place.

Mon sept-ans a renversé son verre de jus d’orange et, à ses yeux, ce n’était pas banal du tout. Son regard qui pétillait une seconde auparavant s’est rempli de larmes. Il a pleuré de tout son cœur parce qu’il renverse TOUJOURS son verre, que c’est d’ailleurs TOUJOURS à lui que ça arrive et que JAMAIS il y arrivera correctement. Il a juré qu’il n’allait « plus jamais jamais » se servir à boire et a cessé de manger car, disait-il, il en avait mal au ventre.

On dit de lui qu’il est perfectionniste. D’ailleurs, je lui répète souvent que personne n’est parfait. Mais n’a-t-il réellement pas conscience que la perfection n’existe pas ? En le voyant là, plus bas que terre, je me rendis compte qu’il ne pleurait absolument pas son imperfection… Il pleurait sa nullité. Ce verre renversé justifiait une pensée qu’il essaie de chasser par tous les moyens : il est nul !

Je repense aux propos de ma psy : si on touche à une infime partie de toi, c’est comme si on touche à ton être tout entier. Tu t’écroules ! ». Nous nous mettons une pression de dingue pour être comme il faut afin d’être capable de nous aimer. C’est vu comme du perfectionnisme mais je n’aime pas ce terme. Nous ne cherchons absolument pas la perfection. Nous cherchons juste à nous aimer nous-même. Nous mettons tant d’énergie à nous convaincre que nous sommes dignes d’être aimé que la moindre faille nous renvoie à ce sentiment de nullité absolue. La moindre faille nous fait ressentir que l’effort est vain, qu’on ne s’aime pas et qu’on ne s’aimera jamais… « parce que, tu comprends, je ne suis pas capable de me servir un verre de jus ».  

Et là, soudain, je n’avais absolument plus envie de lui expliquer que nous ne sommes pas parfaits. Je le sais et il le sait. J’avais juste envie de lui faire un gros câlin et de lui dire « un jour ou l’autre, bonhomme, il va falloir que tu t’aimes !»… Un jour ou l’autre, il va falloir que je m’aime. Oui, tout le nœud du problème est là !   

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

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