À toi qui ne peux pas te permettre un burnout

J’ai développé un sale défaut depuis que je suis en burnout : je suis tout le temps inquiète pour tout le monde…

J’ai l’impression d’être un soldat rapatrié. Blessée, consciente que je ne serai plus jamais comme avant et qu’une certaine fragilité me poursuivra dorénavant, je culpabilise envers tous mes amis restés sur le front. Je les vois essayer de maîtriser leur fatigue et leurs nerfs à vif, gérer travail, enfants et ménage. Je vois des parents à bout et des enfants éponges qui se prennent tout leur stress. Et je sens ce sentiment de force qui vous anime – qui m’animait encore il y a peu : la naïveté profonde de croire qu’on est maître de soi et  que tout n’est qu’une question de volonté.

Je suis inquiète. Inquiète pour ceux qui courent aveuglement après le temps… Ceux qui ne pensent pas une seconde à s’arrêter… Ceux qui, finalement, n’ont même plus le temps de penser… Je suis inquiète pour eux, je suis inquiète pour nous, je suis inquiète pour toi.

Je suis inquiète et mon inquiétude te dérange. Tu te mets sur la défensive dès que j’y fais allusion. Tu me répondras que ça va, que tu « tiens bon » tout en me précisant que, franchement, tu n’as « pas le choix ». Et j’aurais droit à cette phrase que je reçois si souvent de plein fouet, sous une forme ou une autre : « je ne peux pas me permettre un burnout ! »

Puis-je te juger ? Moi qui ai passé au moins trois ans avec des gros signes de burnout sans m’arrêter. Moi qui suis en arrêt depuis un an à force de refuser un certif d’un mois (EN BURN-OUT, MOI ?!). Moi qui ai développé une dépression profonde, une anorexie réactionnelle et un syndrome post-traumatique… Qui suis-je pour te faire la leçon ?

Mais tu vois, pour moi, le temps s’est arrêté. Je ne cours plus… À vrai dire, je ne sais même plus marcher. Je fais tout sur la pointe des pieds, lentement et silencieusement. J’ai lâché le chronomètre qui ne quittait pas ma main. Je me suis détachée des écrans en tout genre qui comblaient par ci par là mon besoin de répit. J’ai cessé de faire honneur aux réseaux sociaux. J’évite les médias d’actualités, anxiogènes à souhait,  qui alimentent la haine des uns envers les autres. Je fuis les gens, un peu par honte, beaucoup par protection. J’ai développé une phobie sociale, c’est vrai, mais finalement, n’est-ce pas un mal pour un bien ?

Je ne cours plus et du coup j’ai le temps de regarder le paysage qui défile, d’entendre le bruit du vent qui fait danser les feuilles des arbres. J’ai le temps d’apprécier le silence, seul état qui permet de se retrouver seul avec soi. J’ai le temps de remettre doucement  du sens dans ma vie, de fixer mes priorités, de redonner force et vigueur à mes valeurs profondes et de redécouvrir mes besoins les plus vitaux. J’ai appris à apprécier les moments où je ne fais rien… absolument rien… Chose encore impensable pour moi il y a quelques mois lorsque ce vide quotidien était une véritable torture mentale.

Tout ceci doit te paraître bien serein. Pourtant,  en dessous de cette tranquillité – visible telle la pointe d’un iceberg – se cache une quantité de souffrances inimaginable. Dans notre société, la valeur de ce que nous sommes est définie presque entièrement par le travail. Me voici balancée du jour au lendemain dans le panier des profiteurs, des faibles, de ceux qui coûtent à la société. Je ne suis plus que faiblesse, je ne représente plus que l’échec. L’échec de cette société qui prône le dépassement de soi.  Mais à force de courir, on en oublie le pourquoi. Ce qu’on pense au plus profond de nous-mêmes est confondu avec la pensée des autres, nos valeurs sont étouffées par nos angoisses, nos besoins profonds échangés contre des biens matériels, et finalement, oui finalement, ça tombe bien qu’on court tout le temps car ça nous permet de ne pas trop prendre conscience de l’absurdité de cette vie métro-boulot-dodo.

Une personne m’a dit récemment : « Moi, les gens dépressifs, je ne comprends pas ! Moi je vais me dire allez, hop, courage, et je vais foncer, bouger, et ne pas rester là à m’angoisser et à penser à ce qui me démoralise ». Je comprends. Je comprends car je faisais la même chose. J’ai toujours cru que j’étais une personne qui ne subissait pas trop le stress et qui n’était pas très sensible aux angoisses. La baba cool qui prend la vie du bon côté. Je n’avais jamais pris conscience que je ne laissais simplement pas l’occasion à mon stress et à mes angoisses de se manifester. J’avais encore moins conscience que toute émotion négative enfouie se grave dans le corps. Et quand le corps fait grève, quand on ne peut plus réagir au stress par la lutte et l’action, toutes ces émotions négatives vous envahissent de partout !

Alors quand tout s’arrête subitement, c’est un désastre. On est brûlé de l’intérieur, totalement consumé. On prend de plein fouet notre fragilité, l’absurdité de cette course effrénée qui a bousillé notre santé. On trouve le temps qui s’arrête insupportable car il nous confronte à nos choix de vie. On trouve le silence insoutenable car il laisse place à cette voix intérieure qui a tant de choses à dire qu’on n’est pas prêt à entendre.  Il ne te reste plus qu’à espérer ne pas avoir enfoui trop de choses bien au fond de toi, car tu te prendras tout dans la tronche en un seul coup. L’état d’épuisement est tel que le corps ne sait plus porter ce qu’on étouffe, ce qu’on ignore, ce qu’on bafoue. Il impose à notre conscience le sac à dos entier de notre existence d’un seul coup. L’énergie permet de fuir, faire pour ne pas être, mais avec la batterie à zéro, on n’a plus le choix. Il faut affronter tout ce qu’on fuit. On ne sait plus faire, il ne reste donc plus qu’à être. Mais être qui ? A force de courir, on l’a oublié.    

Pourtant, ma vie était loin d’être dénuée de sens. Sais-tu d’ailleurs que le Burnout est aussi appelé la maladie des motivés ? J’exerçais mon métier avec passion, j’adore mon rôle de maman, j’ai une relation rare avec mon mari, j’aime la bienveillance et la pensée positive et nous sommes entourés d’une belle famille et d’amis tout aussi précieux. Oui, j’étais fatiguée, épuisée même certainement, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir me retrouver en mode zombie sur pattes du jour au lendemain.

Je suis inquiète, donc. Je suis inquiète pour eux, je suis inquiète pour nous, je suis inquiète pour toi. Je ne peux qu’espérer que tu t’arrêtes à temps le moment voulu. Mais n’a-t-il pas déjà eu lieu ce moment voulu ? As-tu déjà pris le temps de regarder les effets du stress chronique sur le corps ? As-tu contrôlé combien de symptômes tu développes déjà ? As-tu conscience que le burnout te pend au nez mais pas seulement… Le stress chronique peut, pour le même prix, t’amener à une crise cardiaque, un AVC, un cancer,… Tu me diras encore et toujours que tu « tiens bon » sans comprendre que justement, c’est ça le danger !

Tu ne veux pas t’arrêter, tu tiens le coup, et c’est ton choix. C’est ton droit ! Mais fais-moi une faveur. Le jour où tu entendras que quelqu’un a « pris » un certificat d’un mois ou plus pour burnout et que tu ressens telle une pointe de jalousie, un agacement profond envers cette personne qui se permet de se croire plus fatigué que toi, pose-toi les bonnes questions. Laisse-lui le droit de privilégier sa santé au qu’en-dira-t-on ou à la fierté d’être un bon p’tit soldat. Ne lui mets pas la pression, ne le juge pas, ne l’enfonce pas. Pose-toi juste la bonne question : « pourquoi ça m’agace autant ? » J’ai posé la question à ma psychologue : pourquoi tant de colère envers ceux qui sont en arrêt de maladie ? Elle m’a dit qu’on est pour certains le miroir qui reflète ce qu’ils ne se permettent pas, à aucun prix. Du coup, notre image leur est insupportable.

Alors, le jour où tu ressentiras cette pointe de jalousie ou d’agacement, demande-toi si tout ceci en vaut bien le coup. Ne deviens pas aigri ! Dorénavant, je n’admire plus les gens qui disent haut et fort qu’ils pourraient être sous certif mais le refusent, j’admire ceux qui ont la force de cesser de jouer dans ce système… à temps ! Alors, s’il te plait, prends soin de toi !
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01/11/2018 : Suite aux nombreux mails reçus…

À toi qui ne te permets pas un burnout,

Tu m’as écrit pour m’exprimer ta gratitude suite à l’article ci-dessus. Mais tu exprimes aussi beaucoup de désarroi : Quand s’arrêter ? Comment faire ?

Tes mots me donnent envie de revenir sur la notion de choix. Je sais que tu as l’impression de ne pas avoir le choix, d’être obligé de tenir. Ce qui est important à mes yeux, c’est de comprendre que le burnout est une maladie et non une simple fatigue. Si tu te sens touché, si tu as ne serait-ce qu’un petit doute, prends rendez-vous chez ton médecin généraliste. C’est à lui de décider si tu dois t’arrêter ou non, pas à toi !

Voici deux liens pour t’aider à prendre rendez-vous chez ton médecin (ou pas) :

         Tests avec résultat, créés par des psychiatres spécialisés en burnout :

http://reseauburnout.org/index.php/etes_vous_en_burnout/

http://live.noburnout.ch/ui/index.html

         Test sans résultat pour ressentir le cercle vicieux dans lequel on tombe très vite :

http://www.souffrance-et-travail.com/guides-pratiques/auto-evaluation-epuisement-professionnel/

Bon courage à toi !

 

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

62 réflexions sur « À toi qui ne peux pas te permettre un burnout »

      1. Tellement vrai, pour en avoir fait les frais…infarctus d’épuisement! Et pas 40 ans…
        Superbe texte, très bien écrit. Merci pour ce moment de lecture

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  1. Je viens de découvrir votre témoignage via un partage d’une collègue sur Facebook. Je vous remercie très sincèrement pour ce partage si réaliste et tellement bien écrit. En le lisant, je me suis dit que quelqu’un avait pu lire dans mes pensées!
    Merci. Merci d’avoir pu mettre des mots sur ce qui est difficilement explicable à ceux qui ne sont pas passés par là.

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    1. Merci à vous de prendre le temps de poser ces mots. Ce n’est pas facile de dire ce qu’on ressent, j’y arrive difficilement à l’oral. L’écrit me permet de mettre des mots sur ce tsunami d’émotions intérieures. Courage à vous !

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    2. Tout À fait je suis en plein dedans et tellement critiqué dénigré je dois prendre des décisions professionnelle Car psychologiquement je n en peux plus je suis tellement bouffé fatiguée…

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      1. Prendre la décision de s’arrêter est le plus difficile à mes yeux. Je n’ai pas su le faire, j’ai attendu que la corde se casse… On sait qu’on tire sur la corde mais on croit toujours qu’elle va tenir… jusqu’au jour où elle cède… on ne sait pas prévoir quand ! Je vous encourage sincèrement à prendre soin de vous, en commençant par aller voir votre médecin généraliste. Je vous envoie tout mon courage.

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  2. Bravo pour ce superbe article. J’ai fait le même voyage il y a 7 ans, toute aussi convaincue que ça ne pouvait pas arriver à la wonder woman surmotivée que j’étais… J’ai essuyé ces regards consternés, affligés qui me voyaient comme une personne en échec. J’ai appris à aimer prendre le temps et vivre dans l’instant, équilibre précaire que je cultive depuis que j’ai créé mon entreprise. La route est longue, le chemin difficile, le paysage escarpé et pourtant le voyage nécessaire et salvateur. J’encourage comme vous les autres à prendre soin d’eux.
    Bien à vous

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  3. C’est magnifique! Un texte qui touche en profondeur et avec lequel je suis entièrement d’accord. Je m’y reconnais, je me suis relevée depuis, après de longs mois passés à me ressourcer et à apprendre sur moi. Aujourd’hui, j’ai appris à me préserver, même si ce n’est pas toujours simple. Je vous envoie tout mon soutien, vos mots sont très justes, bravo d’avoir eu le courage de les écrire (j’imagine les sentiments et émotions qui vous ont traversés lorsque vous les avez écrits). Bonne continuation à vous

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  4. Magnifique texte, chaque ligne est une découverte….il faut maintenant vivre ce qu’on est, occulter le regard de l’Autre, se faire confiance,créer…l’écriture peut être une des portes de la liberté.. J’ai frôlé le burn out..;aujourd’hui je suis art-thérapeute! Laure

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  5. J’aimerais prendre le temps de me resourcer, de faire le point sur ma vie, me mettre entre parenthèses, mais …Parceque oui, il y a un mais, comment garder sa maison, honorer ses enfants et sa femme sans revenus, sans mettre en péril ce pourquoi exactement on se bat, on s’use, on se detruis ? À ce jour, et malgré votre beau texte, je ne suis toujours pas arrivé à franchir le cap de m’arrêter un peu … Alors, oui, je subis ma vie ….

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    1. Je comprends tout à fait. La réalité n’est jamais aussi simple que ce que peut laisser paraître un texte. Mais ici, mon but est vraiment de faire comprendre que le burnout est une véritable maladie et qu’en ne la prenant pas au sérieux, en pensant qu’il suffit de prendre sur soi, on prend le risque de se retrouver avec des fameuses complications et un mental détruit. Mais il est évident que ce n’est pas facile, c’est ce qui me fait si peur d’ailleurs, les gens n’ont même plus le temps de se demander comment ils vont et s’ils prennent suffisamment soin d’eux-mêmes. Courage à vous.

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  6. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, je ne savais pas ce qui se passait, toujours être forte et s’écrouler un jour pensant qu’on est incompétente pour ce travail, bien que vous ayez tout fait pour y arriver. Les gens qui vous entoure au travail , bien…. c’est comme dans une émission de télé réalité, marche ou crêve. Difficile de se relever, manque de confiance et d’estime de soi. Difficile d’affronter le regard des autres, difficile d’en parler.

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    1. Merci beaucoup , non, je viens de voir un psychiatre spécialisé pour le burn out et doit prendre des anti-dépresseurs, ce qui ne m’enchante pas. J’ai repris le cardio fitness en salle, et commencé mon premier cours de boxe à 54 ans et qui me fait énormément de bien sur le moment. Mais il faudra certainement du temps pour me sortir de cet état qui ne me correspond pas.

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  7. Bonjour. Merci pour ce témoignage. Il est précieux. Et en même temps nous le savons : l’expérience des uns ne sert pas souvent aux autres et c’est bien ce dont tu parles. Jai partagé ton article sur FB. Je crois aussi que le burn out peut-être le résultat d’ une accumulation de fatigues dans différents domaines de vie et pas seulement professionnel ! Bonne reconstruction, bonne continuation dans ce nouveau chemin pour une nouvelle vie. Merci

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  8. Clair, très clair, effrayant de clarté et qui colle à tellement de personnes.
    Le problème c’est que nous sommes trop bien formatés à regarder ailleurs et à ne pas se sentir concernés…..

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  9. Cela résume tellement bien……
    Personne ne se rend compte que mettre sécher une machine de linge est impossible.
    Que tu ne sais même plus écrire ton prénom…..
    Que tu fais la forte en parlant aux gens mais que dans ta tête tu cherches les mots de base ( frigo, voiture, noir, rouge, ..) et les prénoms de tes proches….
    A ce moment, certaines personnes te disent : « Tu es là à ne rien faire, tu nous aiderais quand même bien » , tu en as le souhait mais nullement la force. Tout est TROP.
    Pourtant, tu pensais, oh un bel été, je vais profiter de ma terrasse, … et en fait, tu te traînes entre le fauteuil et ton lit.
    Faites bien attention à vous, car comme vous, j’ai dit : « MOI, mais non, JAMAIS ! »

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    1. Une amie qui a eu une énorme dépression il y a quelques années m’a dit une phrase qui m’est resté : notre force, par rapport à d’autres personnes qui ne sont pas passé par la, c’est qu´on a conscience de notre faiblesse. Courage à vous.

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  10. Quelle résonance ces mots. Tout comme vous, j’ai vécu un burn out en 2012 … 4 à 5 fois, j’ai voulu remettre le pied à l’étrier sans pouvoir y parvenir. D’un accompagnement purement médicamenteux lors de la crise initiale que je n’avais jamais senti venir jusqu’au dialogue constructif avec un psychiatre systémique … j’ai pu mettre des mots sur ce qui me dépassait, m’anéantissait, remonter la rivière à contre-courant pour reprendre pied sur la berge de la vie. Une autre berge que celle qui m’était coutumière et, depuis, j’apprécie nettement mieux le sens, le cadeau qu’est la vie (même si je dois tout reconstruire). Il m’a fallu longtemps pour revenir au niveau professionnel qui était le mien. Il n’est désormais plus le seul sens de mon existence, il n’est plus qu’un défi personnel que j’ai réussi en revenant là où sont mes idéaux. Cependant, on n’en sort pas indemne et dès que les premiers signes précurseurs s’annoncent … je « disjoncte », « je me fais entendre » parce que le premier stigmate résiduel de la maltraitance de soi émerge ou clignote. Et je me fous en ce moment là de la bonne convenance, « j’hurle » (symboliquement) et avec insistance ma souffrance, ce mal-être, pour qu’on ne puisse négliger ce qui est, ce qui me déchire, ce qui pourrait à nouveau me terrasser et puis, merde, il y va de ma survie. Au grand dam de mon employeur, je recours au terme de maltraitance institutionnelle. S’ensuit souvent une rencontre pour tempérer ou pour écouter mais je n’ai pas encore eu à me relever de nouveau. Bref, après la première fois, un burnout ne peut plus jamais agir avec le même déterminisme inconscient car justement, ayant dévoilé toutes ses facettes lors de cette première fois, on le reconnaît alors qu’il est seulement tapi dans le voisinage de notre équilibre … et cela c’est une victoire … courage à vous

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  11. Un tsunami qui nous balaie tel un fétu de paille par une tempête et qui surgit sans que l’on ne s’y attende vraiment, résultat d’une fracture profonde de l’écorce terrestre, cette écorce qui nous sert à tous de point d’ancrage au quotidien et sur laquelle repose nos convictions les plus profondes depuis toujours. En une fraction de seconde nous voilà broyés, ensevelis, traumatisés, demunis de toutes nos forces et blessés au plus profond de nous dans notre corps, dans notre coeur et dans notre âme. Nous ouvrons les yeux et le monde qui nous entoure ne ressemble plus en rien à ce qu’il était, rien de ce qui est materiel n’a plus vraiment la même importance, le temps qui s’écoule n’a plus la même valeur, comme dans un film qui nous mettrait en scène en train d’évoluer au ralenti dans un contexte frénétique et dénué de sens pour nous. Tout celà pourrait paraitre affreux si ce n’était que la vie a plus d’un tour dans son sac et que de ce désarrois profond, de cette mise au ban des accusés par cette société ou résultat et profit sont des credos inlassables, nait petit à petit un nouvel être reconnecté à lui même, à ses valeurs et certainement plus enclin à vivre sa propre vie, celle qu’il désire au plus profond de lui, celle qui fera de lui un être humain en accord avec lui-même tout simplement… Merci beaucoup pour ce très beau témoignage, une amie m’a dit tout récemment: « Tu es l’heureux élu de la loterie du burnout » cela change tout de le voir sous cet angle…

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      1. Soyez l’élue de cette loterie… Je vous le souhaite de tout coeur. Comme le dit si bien Eric, maintenant que le mécanisme du burnout vous est apparu et que vous le connaissez bien, que votre regard sur vous-même a changé, vous avez tout en main pour vous sentir victorieuse! Et de cette victoire, laisser venir à vous la joie de vous sentir vivante, d’exprimer comme vous l’entendez qui vous êtes…

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  12. Bravo pour votre témoignage. Il y a tellement de personnes qui jugent et font des commentaires négatifs sur les personnes dépressives ou en Burn out. Ç’est sidérant. Je pense que personne ne peut comprendre sans avoir vécu la même situation. C’est comme les réflexions sur 1 personne en deuil qd on dit qu’elle s’y complain. Je vous souhaite 1 meilleure santé et de retrouver la joie de vivre. 😉

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    1. Oui, je suis comme vous, je ne supporte pas le jugements. Je peux bien sûr ne pas comprendre un comportement ou la situation d’une personne mais j’ai toujours cette petite voix qui me rappelle que je ne sais pas ce que la personne traverse ni ce qu’elle porte en elle. Je vous remercie pour vos mots. 🙂

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  13. C’est un texte fort que vous avez écrit là. Le burn-out est une période de grande souffrance mais peut être également un chemin de croissance spirituelle accélérée si l’on trouve le courage de vraiment regarder en soi et de se connecter à quelque chose de plus grand.

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    1. Kirkegarde a écrit avec une grande sagesse : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est chemin ». Merci Marc Halevy de me l’avoir appris lors d’une conférence alors que je ne trouvais plus mon chemin…

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  14. Très bel article, bien écrit et malheureusement très parlant. Merci. La honte, le sentiment de défaite, la perte de confiance en nos capacités, les problèmes physiques et émotionnels, la peur de ne pas trouver de solution à ce mal-être et de ne pas trouver un travail qui nous correspond mieux et qui nous permet à nouveau de s’épanouir… C’est difficile à expliquer à tous ces « super héros » autour de nous qui gèrent et qui ne comprennent pas forcément le moment difficile que nous traversons et/ou qui le réduisent à un simple besoin de repos de quelques jours. Pas facile non plus à vivre pour nos proches qui ne comprennent pas ce qui se passe et à qui nous sommes incapables d’expliquer ce qui se passe puisque nous ne le comprenons pas forcément nous-mêmes. Bref, un sujet intarissable. Bon rétablissement en tous cas.

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  15. Courage vous êtes sur la bonne voie !
    Effectivement un burn out est un tsunami, un cataclysme innommable au début car un état totalement inconnu que l’on doit petit à petit comprendre, « s’approprier » je dirais, pour l’accepter en apprenant à s’accepter « faible et différent », comme un grand accidenté de la route, ou qui a subit un traumatisme cérébral ou cardiaque, et qui découvre son nouvel état et son nouveau coorps/esprit dysfonctionnant.
    Il/elle doit apprendre à d’abord vivre avec et à rééduquer son corps et son esprit pour le remettre en fonctionnement un pas après l’autre, un geste après l’autre, une pensée après l’autre en apprenant à écouter ses sensations et ses émotions dont l’impact est d’une force phénomènal, d’une violence inouïe pour nous qui sommes devenus si sensible et fragile à ce moment là.
    Ça demande beaucoup de bienveillance, d’empathie, de compassion et de douceur envers soi. Le repli sur soi est indispensable pour ne pas laisser s’avaporer le peu d’énergie existant et qui peut s’evapo9d’un instant à l’autre sans savoir quand il reviendra.
    Mais avec beaucoup de patience et d’amour, de soi et de ses plus proches aimants (après un tri essentiel dans ses relations), on s’en relève. Beaucoup plus fort et différent. C’est un très long et difficile parcours mais très beau. On apprend à se connaître et se reconnaître en vivant l’instant présent pour un futur plus heureux qui nous correspond.
    Mais à tout jamais, plus rien, à commencer par nous, ne sera comme avant, et c’est tant mieux.
    Car c’est à partir de là seulement que l’on devient réellement soi…
    Un vrai parcours initiatique douloureux mais essentiel du quel on ressort bien vivant de ce qu’on croyait être totalement mort, un peu comme un automne après l’hiver…

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  16. Merci pour ce magnifique témoignage, actuellement en plein burnout, ça représente tout ce que je ressens sans réussir à l’exprimer, moi aussi j’aime écrire et pourtant ces derniers temps, j’évite, j’ai peur de ce que je pourrais coucher sur le papier sur ce sujet. Envahi par la culpabilité, je sais que je suis sur la bonne voix, mais ce n’est pas simple de se reconstruire après tout ça quand les proches « essaye » de comprendre mais qu’on se sent « juger » malgré tout. Manque de volonté, bouge toi et j’en passe… Je culpabilise de cette phobie sociale que j’ai découverte, je ne suis « bien » qu’à la maison avec mon chéri. Bref je vais garder cet article de côté et le relire dans les moments ou la culpabilité repointera le bout de son nez parce que ça me donne envie dire stop à ces mauvaises pensées inculquées depuis l’enfance. Merci merci pour ce très beau message.

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    1. Merci pour vos mots. Je comprends votre crainte de prendre la plume. En ce qui me concerne, c’est vraiment grâce à l’écriture que j’arrive à appaiser cette tempête émotionnelle intérieure. Je me sens tellement plus légère une fois que j’ai réussi à mettre des mots sur tant de choses difficilement explicables. Courage à vous. Soyez tendre avec vous-mêmes 💕

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  17. Très bon texte. Tu décris vraiment bien le mal-être que l’on a à être en quelque sorte hors de la société et juger tel un vrai glandeur alors qu’on a juste besoin de se retrouver, se reposer, et prendre le temps, d’enfin prendre le temps, du temps pour soi, du temps pour faire ce qu’on aime, du temps pour réfléchir… Mais comme à ce moment-là nous ne sommes plus de bons petits employés la société nous regarde de travers.
    J’ai été au chômage pendant 2 ans (fin de contrat, rupture sentimentale, donc forcément un peu de dépression durant ces années), du coup j’en ai profité pour écrire un livre et l’auto-éditer (un livre sur le Temps justement) mais la solitude était parfois pesante et le discours des gens rarement bienveillants. Et je crois que c’est ce que j’ai trouvé le plus dur, j’avais enfin l’impression de me retrouver et laisser place à mes émotions, d’être moi-même, et l’on ne me considérait uniquement en tant que glandeur, un fainéant, un profiteur du système…
    En tout cas merci, tes mots font du bien et mettent merveilleusement bien en lumière la difficulté de cette situation, à la fois émotionnellement dure et bienfaitrice.
    Merci pour ce texte. 😊

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