Le corps qui parle

Le burn-out est le cri de secours du corps. Il essaie de nous dire quelque chose et guérit dès qu’on entend ce qu’il a à nous dire. J’aime cette vision atypique du BO, trop simpliste de façon globale, je l’admets, mais qui me semble particulièrement parlante au niveau des crises d’angoisse.

Laisser la parole à l’enfant qui est en moi (Mes ombres du passé…) m’a fait beaucoup de bien. Alors, si je laissais la parole à mon corps cette fois-ci ? Que pourrait-il avoir à me dire par rapport à mes crises d’angoisses ? ….

Je suis épuisé. Je sais que tu n’aimes pas l’admettre, mais je suis épuisé. Tu as raison, l’esprit a effectivement un énorme pouvoir sur le corps. Tu peux m’amener loin, bien plus loin en positivant qu’en étant négative. Mais as-tu conscience de mes limites ? Es-tu capable de m’écouter ? Tu as le don pour positiver et relativiser mais la force d’esprit n’en est plus une lorsqu’on ne tient pas compte de soi. Or, même quand j’hurle de tout mon être, tu arrives encore à te persuader que tu exagères, que ce n’est pas bien grave, et qu’il suffit d’en rire.  

Par question de survie, j’ai donc décidé de ne plus écouter ton esprit, je ne réponds absolument plus à ses caprices. Je sais, un corps sans énergie, des crises d’angoisse, c’est loin d’être confortable. Mais je continuerai. Je continuerai jusqu’à ce que tu comprennes. Tu ne vois pas de quoi je parle, vraiment ?

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Je continuerai jusqu’à ce que tu comprennes le stress que tu m’infliges quotidiennement.

Tu prends tout ce qu’on te dit pour vérité infuse. Tu as une confiance aveugle en tout le monde… sauf en toi-même. Sens-tu ton cœur qui s’emballe à certains moments ? C’est ma façon de te dire que ta pensée, ton projet, ton action me plaît. Mais la moindre réaction négative de qui que ce soit, et tu remballes qui tu es au fond de ton cœur avec cette éternelle impression d’être nulle et totalement perdue dans ce monde. La moindre petite décision, tes actes et gestes du quotidien, tout passe par l’approbation des autres.

Alors aujourd’hui, je crie quand tu me fais le coup. Je sais, des crises d’angoisse, c’est loin d’être confortable. Mais je continuerai jusqu’à ce que tu arrives à croire en tes propres idées, à affirmer tes propres valeurs et à cesser d’avoir besoin de l’amont de tout le monde pour la moindre décision à prendre.

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Je continuerai jusqu’à ce que tu penses par toi-même.

Tu abuses de l’autodérision. Mais sois honnête avec toi-même, est-ce vraiment de l’humour ? Ne crois-tu pas la moindre de tes paroles ? Ne ris-tu pas de toi-même parce que c’est la seule façon que tu as trouvé, enfant, pour qu’on ne ri plus de toi ? N’as-tu pas constamment peur d’être toi, d’être « trop » ? Trop enthousiaste, trop émotive, trop nulle, trop embêtante, trop bavarde, trop distraite, trop spontanée,… Trop, trop, trop ! Ignores-tu réellement le stress qu’engendre cette crainte d’être toi, tout le temps ?!

Alors aujourd’hui, je crie quand tu me fais le coup. Je sais, des crises d’angoisse, c’est loin d’être confortable. Mais je continuerai car je ne sais plus porter ton désarroi d’être qui tu es.

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Je continuerai jusqu’à ce que tu comprennes que tu as le droit d’être toi.

Tu ne te donnes pas le droit d’être fâché ou en souffrance. Si on te met à terre, tu diras que ce n’était pas voulu. Si on te frappe, tu diras que ce n’était pas si fort que ça. Si on te bouscule, tu t’excuseras d’avoir été dans le chemin. Le moindre ressenti négatif exprimé à voix haute te rempli de culpabilité envers la personne visée car… elle a certainement voulu bien faire, elle n’avait pas de mauvaise intention, elle n’avait pas conscience de ceci ou cela ou encore, tout simplement, elle est comme ça et tu aimes prendre les gens comme ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts. Tu refoules toute colère, déception ou souffrance en relativisant à excès. Tu t’autocensures drastiquement au niveau de la pensée. Je sais, tu n’aimes pas en vouloir aux gens. Je sais, tu ne sais pas faire abstraction de ce qui se cache derrière une parole ou un geste maladroit mais comprendre l’autre ne devrait pas t’empêcher de te respecter. Toute la colère et la souffrance que tu refoules, c’est moi qui la porte.

Alors aujourd’hui, je crie quand tu me fais le coup. Je sais, des crises d’angoisse, c’est loin d’être confortable. Mais je continuerai car fuir le moindre petit conflit, tout le temps, est trop lourd à porter pour moi.

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Je continuerai jusqu’à ce que tu comprennes que tu as le droit de ressentir des émotions négatives.

Tu es incapable de te fier à tes émotions ou tes sensations. Quand tu es malade, tu culpabilises de ne pas être assez forte. Tu t’étonnes que ton boulot te croie lorsque tu annonces ton absence et tu passes ta journée, fiévreuse, à culpabiliser de ne pas tenir debout, de ne pas aller travailler, de ne pas prendre sur toi. Après tout, n’est-ce pas la faute inacceptable qu’on t’a reprochée durant toute ta scolarité ? Ne pas être volontaire, être capable mais ne pas faire d’efforts…

Alors aujourd’hui, je crie quand tu me fais le coup. Je sais, des crises d’angoisse, c’est loin d’être confortable. Mais je continuerai car même quand je t’envoie la plus grosse des crises d’angoisse, j’entends encore cette petite voix te reprocher de ne pas prendre sur toi.

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Je continuerai jusqu’à ce que tu comprennes que j’ai des besoins et le droit d’être entendu.

Tu as un besoin inassouvissable d’être aimé pour compenser le mépris que tu as envers toi-même. Pour être totalement honnête, tu n’espères même pas être aimé, tu es juste paralysée à l’idée d’être détestée. Tu as peur de décevoir, d’exaspérer, de te ridiculiser. Tellement peur que tu te donnes à peine le droit d’exister !

Mais aujourd’hui, je ne te laisse plus le choix. Aujourd’hui, je t’oblige à faire abstraction de ce que les autres veulent… vont penser… feraient à ta place… Aujourd’hui, tu vas écouter tes limites… tes besoins… Et un jour, je l’espère, tu sentiras à quel point tu en as le droit !

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

2 réflexions sur « Le corps qui parle »

  1. Peut mieux faire…

    On m’a répété cette phrase maintes fois sur mon bulletin scolaire… Comme si j’avais la capacité, mais que je ne voulais pas le faire… Comme si j’étais fainéant… Comme si ma volonté pouvait tout changer… Et je l’ai cru !

    Merci pour cet article qui m’a permis de toucher cette croyance. Clément, zèbre et BO aussi.

    Aimé par 1 personne

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