Accepter ta maladie tu feras.

Il m’aura fallu près d’une demi-année de rechutes constantes avant d’accepter que ce burn-out fasse partie de moi. Ma technique des premiers mois ? « Accepter » de s’écrouler quand je m’écroule et se traîner à « rattraper le retard » dès que je tiens debout. Résister, tout faire pour rester soi. Bon, je vous le dis tout de suite, c’est une technique infaillible… pour ne pas guérir. Alors, fonçons découvrir cette troisième leçon : l’acceptation du burn-out.

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« Nous cessons de souffrir lorsque nous cessons de lutter. Et nous cessons de lutter quand nous acceptons que la situation soit telle qu’elle est. »
Eckhart Tolle

J’ai bien respecté mes deux premières leçons cette semaine. Je n’ai rien fait d’autres qu’écrire et me reposer. Je m’étais engagée à faire maximum une demi-heure de ménage par jour et je m’y suis tenue. J’ai décidé de marcher main dans la main avec ma fatigue. J’ai accepté ma fragilité du moment et j’en ai pris soin. Et finalement, ma maison est bien plus rangée moins en désordre que les semaines précédentes où je me trainais telle un zombie de pièce en pièce. Finalement, j’ai eu bien plus de patience avec les enfants. Finalement, je me sens déjà un peu plus forte physiquement. Finalement, c’était une semaine assez agréable. 

 

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 » Sur le chemin de l’acceptation, parfois le premier pas est d’accepter que l’on n’accepte pas. »  http://www.katherinebarrtherapy.com 

À en croire la semaine relativement sereine que je viens de vivre, je me dois de reconnaître que mes crises d’angoisses sont souvent dû à la non acceptation de la situation. Il y a bien évidemment aussi celles qui sont liées au bruit et au mouvement, à la foule,… mais quand je suis seule chez moi, j’angoisse parce que je ne lâche pas de vue ce que je devrais faire et que je ne fais pas, ce que je voudrais faire et que je ne peux pas, ce que j’étais et que je ne suis plus.

La sérénité de cette semaine m’aide à comprendre que je ne dois pas lutter contre cette maladie. Mais pour être vraiment honnête, je ne peux pas encore dire que je l’accepte pour autant. Disons plutôt que j’ai pris conscience que l’acceptation est une condition sine qua non à la guérison… Disons que l’envie d’accepter grandit… Avoir l’envie, c’est énorme comme premier pas, non ?

La thérapeute Katherine Barr écrit sur son site : « L’acceptation de soi et des autres, des évènements dans notre vie, n’est pas une chose facile. C’est un processus. Un processus qui demande du temps et de l’accueil de soi. Et parfois le premier pas sur ce chemin vers l’acceptation c’est de se donner le droit de ne pas accepter, de se prendre avec compassion et douceur dans cette résistance. En faisant cela nous cultivons déjà une approche plus douce et nous sortons de la lutte contre ce que nous vivons et paradoxalement nous cultivons l’acceptation. » 

Je me permets donc de ne pas encore accepter complètement la maladie. Mais d’ailleurs, la question s’impose à moi pour la première fois, qu’est-ce que je n’accepte pas dans ce burn-out ? Je vous propose de vous poser la même question. Personnellement, j’ai décidé de me limiter à cinq points pour ne pas me décourager à l’avance. Je n’accepte pas :

  • les angoisses alors que je me vois comme quelqu’un de zen.
  • le manque de patience alors que c’est une de mes rares qualités.
  • la fatigue extrême alors qu’il y a tant à faire.
  • la phobie sociale alors que j’adore être entourée, inviter à la maison, bavarder.
  • mes problèmes de mémoire et de concentration.

J’ai l’envie d’accepter ces cinq points… mais je sais que ce n’est pas facile et j’accepte donc d’ores et déjà ma résistance quand elle pointera à nouveau le bout de son nez. J’accepte d’être découragée et frustrée à certains moments. J’accepte de me plaindre quand le mal-être prend de la force tant et bien même que certains subissent tellement pire que moi. J’ai le droit d’avoir besoin de résister à certains moments et c’est un premier pas vers l’acceptation. Vu comme ça, ça parait même simple, non ? :-p

 

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« Nous devons accepter la fin d’une chose afin de commencer à construire quelque chose de nouveau. » (lesbeauxproverbes.com)

Je ne sais pas vous mais ce que je n’accepte pas est clairement lié à ma vision idéalisée de l’avant burn-out. Moi qui était si zen… si patiente… si pleine d’énergie… si sociable… J’idéalise cet ancien moi et cette ancienne vie telle une personne en deuil parle de l’être perdu. Nous ne voyons plus que « les bons côtés ». Mais si tout était si parfait, pourquoi suis-je victime d’une maladie du stress chronique ?

Et si j’osais… si j’osais voir du positif dans le burn-out ? Si je cessais de le voir comme une maladie ? Si je le voyais plutôt comme… un coach nécessaire à ma reconstruction ? Ne m’empêche-t-il pas de continuer à fonctionner à travers l’approbation des autres ? Ne m’oblige-t-il pas à m’écouter ? N’est-il pas bien décidé à m’empêcher de me cacher derrière mes éternelles tout-va-bien-et-refoulons-tout-le-reste ? Bon, j’avoue, il a des méthodes radicales mon p’tit coach BO… Mais ai-je été capable de l’entendre lorsqu’il a tenté une méthode plus douce ? 

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« Nous ne pouvons pas être heureux si nous préférons nos illusions à la réalité. La réalité n’est ni bonne, ni mauvaise, les choses sont telles qu’elles sont, et non pas comme nous aimerions qu’elles soient. » Dalaï Lama

Les choses sont telles qu’elles sont, et non pas comme nous aimerions qu’elles soient. Je ne vois que les mauvais côtés de la maladie parce que je me focalise sur ce que je veux et que je n’ai plus. Je réfléchi en termes de bonnes ou mauvaises choses au lieu d’accepter gentiment la réalité. Facile à dire mais il faut quand même avouer qu’il est difficile de positiver quand on est en burn-out. Suis-je vraiment capable d’accepter de ne plus avoir d’énergie ? Puis-je accepter d’être une maman zombie ? Accepter que le rythme quotidien des enfants soit complètement bousculé parce que « maman est fatiguée » ? Accepter que je me sente perdue devant la moindre petite tâche à effectuer et qu’en fin de journée, je ne sais même plus lire ou parler ?  

 

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« Accepter ce n’est pas se résigner, mais rien ne vous fera perdre plus d’énergie face à une situation que vous ne pouvez pas changer. » Dalai Lama

Voilà la clé du problème : le refus d’accepter est lié à la peur de se résigner. Mais c’est surtout le contraire qui est vrai. Lutter, c’est s’obstiner à mettre son énergie dans nos illusions, dans ce qu’on veut et non dans ce qui est. Pour guérir, il faut accepter d’être malade et accepté d’être diminué. Il faut mettre son énergie dans la priorité du présent : la guérison et non l’acharnement. 

 

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« Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, et aie confiance en ce qui sera » Bouddha 

Un burn-out, ça ne s’oublie pas car il se rappelle violemment à nous dès qu’on essaie de ne pas tenir compte de lui. Mais si on laissait aller ce qui était ? Si on cessait de lutter en vain contre la fatigue, le manque de patience, les neurones qui s’affolent,… Si on donnait une chance à ce corps qui réclame clairement un changement ? Si on lui demandait même pardon pour toutes ces années où on a joué à la sourde oreille. Si on acceptait humblement qu’il mérite une période de transition durant laquelle notre préoccupation première est de prendre soin de lui. Si on lui donnait toute notre confiance en sa capacité à renaître de ses cendres ? C’est sûr, il ne se fera plus jamais oublier comme avant. Et après ? Ayons confiance en ce qui sera.

HP-DYSjonctée (hp-out.com)

 

2 réflexions sur « Accepter ta maladie tu feras. »

  1. « mes problèmes de mémoire et de concentration » > un petit trouble de la mémoire peut-être (?) un petit trouble de l’attention et/ou de la concentration peut-être là aussi (?), en lien avec la dyslexie 😉
    Être dys c’est aussi avoir un panel d’autres troubles tout aussi attrayant que chiant mais on s’y fait (et parfois on s’amuse bien avec ^^ ). Joli article, super agréable à ire, bravo, bravo 🙂

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    1. Oui, effectivement, la concentration n’a jamais été mon fort et c’est certainement lié à mon côté dys. Mais ici, je parle plutôt des problèmes de concentration et de mémoire dû au burn-out : je ne sais plus lire plus de cinq minutes, je pose trois fois d’affilée la même question car je ne retiens pas la réponse (je n’oublie pas que j’ai posé la question, c’est déjà ça 😉 ). Merci pour tes commentaires, ça me touche 🙂

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