Mes ombres du passé…

Envie de vous conseiller de regarder l’animation « BURN-OUT » qui fait un magnifique lien entre le BO et l’enfant caché en nous. Cette animation m’a fortement touchée, troublée même. Je me suis demandée ce que l’enfant en moi pouvait bien avoir comme part de « responsabilité » dans mon BO. Ce questionnement m’a donné envie de lui écrire et j’ai moi-même été surprise du résultat. Cela m’a fait tellement de bien que j’ai envie de poser la question à toi qui me lis : qu’as-tu à dire à l’enfant qui est en toi 

Quand je regarde mes « petits gars » courir en riant, j’ai une petite pensée pour toi, la petite fille que j’ai été. Soucieuse d’offrir de l’amour à tout le monde, c’est comme si tu avais tout de suite trouvé ta raison d’être sur cette terre. Et je dois bien l’avouer, tu me manques souvent, ma petite Daya. Daya est un prénom indien qui signifie « compassion » et « empathie ». C’est le prénom que j’ai envie de t’offrir aujourd’hui.

Quand je regarde « ma grande » lever les yeux aux ciel et faire la forte en rejoignant ses amies, j’ai une pensée pour toi, l’ado que j’ai été. Tu avais une telle envie de changer le monde, tu cachais ta sensibilité derrière une carapace de révoltée prête à combattre toutes les injustices de la terre. Tu es ma douce Rebelle, c’est comme ça que j’ai envie de t’appeler dorénavant.

J’en ai fait un bout de chemin avec vous ! D’abord avec toi, ma petite Daya. La vie était tellement belle à tes côtés que je me demande pourquoi j’ai eu envie de t’abandonner en chemin. Mais ça faisait si longtemps qu’on rêvait de tout plein de choses et l’envie de concrétiser nos rêves était de plus en plus forte en moi. Et soyons réaliste, pour aller de l’avant il fallait être grand et fort, et toi tu n’avais pas envie de grandir.  Maman allait dans ton sens d’ailleurs : « ne grandis pas trop vite, ce sont tes meilleures années ». Et tout ce que maman dit est vrai, n’est-ce pas ma petite Daya ?  

Un jour, on a croisé ta route, ma douce rebelle. Plus on est de fou, plus on rit, non ? Tu étais la force qui nous manquait. Tu avais l’envie de réaliser tout ce que Daya se contentait de rêver. Tu voulais AGIR. Tu voulais t’affirmer et être maître de tes pensées. Au début, je jonglais entre les deux, écoutant tantôt l’une et tantôt l’autre. Mais j’avais de plus en plus l’impression que tu étais dans notre chemin, ma petite Daya. Tu étais toujours d’accord avec maman et papa. Tu étais incapable d’avoir une propre opinion. Tu n’étais pas prise au sérieux par mes amis. Alors que ma douce rebelle, toi, tu assurais grave ! Et un jour, je ne me rappelle ni où, ni quand, ni comment, je t’ai laissé sur le bord de la route, ma petite Daya, et on a continué seules, sans toi. 

Tu me faisais rêver toi aussi, ma douce rebelle. On se sentait forte, le temps qui passe ne nous faisait pas peur, bien au contraire, on y aspirait. Je ne peux pas dire qu’on était heureuse, non. Mais ce n’était pas grave car on avait la solution à tout, il ne restait qu’à attendre encore un peu afin de pouvoir enfin vivre la vie à notre façon, être autonome, ne plus rien devoir à personne. Ce que le monde ignorait,  c’etait l’enorme fragilité qui se cachait derrière tes airs d’insoumises. Tu n’as jamais réussi à te sentir à la hauteur de Daya. Elle avait ce pouvoir de rendre tout le monde heureux, talent que tu lui as toujours envié. Tu étais tellement plus impulsive qu’elle. Daya pensait tout le temps aux autres, toi tu ne pensais qu’à toi. Daya était toujours d’accord avec tout le monde, toi tu contredisais tout. Daya était remplie d’amour, toi tu n’étais que colère.

Tu as perdu de ton éclat et je ne croyais plus tant à tes grands discours. J’ai fini par te laisser sur le bord de la route, toi aussi. J’ai continué mon chemin toute seule, bien décidé à y arriver. J’avoue, j’ai contourné quelques chemins. J’admets, j’ai laissé tomber pas mal de nos convictions et de nos rêves. J’en ai conscience, je vous ai un peu oublié. Ce que j’ignorais par contre, c’est que vous n’étiez pas loin. Vous m’aviez suivie, restant dans l’ombre. Toi ma douce rebelle et ta grande fragilité ; et toi ma petite Daya et ton empathie hors norme. Je ne vous entendais pas, mais vous étiez là, jugeant chacune de mes décisions. Et j’ignorais totalement la force que je mettais à essayer de vous ignorer… en vain qui plus est. Car vous êtes là et bien là !

Toi, ma douce rebelle, tu es plutôt silencieuse. Ton complexe d’infériorité a pris le dessus sur toi, et tu te soumets complètement à Daya. A tes yeux, tu n’es digne de rien car incapable d’égaler sa gentillesse. Tu as conservé cette envie de sauver le monde, surtout ces adolescents mal dans leur peau, ne trouvant pas leur place à l’école, comme toi auparavant. Mais sans rébellion, surtout pas de rébellion. Tu veux nous protéger de ta colère, ton pire défaut à tes yeux. Ca te réconcilie avec toi-même de me voir prendre ces gamins sous mon aile. Mais, sans que je m’en aperçoive, tu m’as épuisée à essayer de guérir tous ces êtres perdus.

Et toi, ma petite Daya, tu continues à comprendre tout le monde, à tout pardonner… Tu as une tolérance infinie envers les autres, mais tu es d’une intransigeance absolue envers moi. Mes besoins ne sont que caprices à tes yeux, mes blessures toujours superficielles. Tu restes une petite fille déçue de m’avoir vu grandir. Je dis oui à tout et à tout le monde mais, à tes yeux, je suis toujours coupable de ne pas en faire assez.

Aujourd’hui, vos voix ont pris tellement de force que je me suis écroulée. Oh, ce n’est pas de votre faute. Au contraire, c’est moi. Je me suis perdue en vous laissant au bord du chemin. Je ne savais plus quelle route emprunter. J’avais besoin de ta joie de vivre, ma petite Daya. Et j’avais besoin de ta détermination, ma douce rebelle. J’avais besoin du juste milieu que j’avais à vos côtés. En vous laissant derrière moi, je me suis perdue. J’ai essayé de respecter nos valeurs mais elles ne brillaient plus, au contraire, elles m’étouffaient totalement. Aujourd’hui, je prends enfin conscience que vous faites partie de moi. Je ne peux plus faire comme si vous n’étiez pas là. Je vous entends et j’aimerais que vous m’entendiez, vous aussi.

Ma p’tite Daya, tu as raison, ton empathie est en moi et je ne saurai jamais être sans toi. Je sais que tu m’en veux beaucoup de ne pas être à la hauteur de ta bonté et de ton amour inconditionnel pour chaque être vivant sur cette terre. J’entends ton envie de dire oui à tout et à tout le monde, mais s’il te plaît, dis oui à moi aussi, de temps en temps. Je ne vais pas savoir remonter la pente si tu continues à nier mes besoins. Cela ne t’empêchera pas de rendre les autres heureux, cela ne t’empêchera pas d’être une « vraie gentille ». Au contraire, ça nous donnerait la force qui nous manque pour le faire bien.

Ma douce rebelle, quoi que tu en penses, tu es douce et gentille. Et tu as eu raison de vouloir t’affirmer. Sans toi, on se fait bouffer toute crue, Daya et moi. Alors, s’il-te-plaît, prends confiance en toi. Tu es une justicière meurtrie, je le sais bien. Mais on a besoin de ta colère pour nous protéger. Elle ne fait pas de toi quelqu’un d’égoïste, et je regrette sincèrement que personne ne nous l’a expliqué auparavant.

Entre temps, je m’éloigne doucement (très doucement :-p ) de ma troisième amie, miss jeune adulte. Mais cette fois-ci, je sais que je veux la garder en moi, avec moi. Elle a su apprécier les bons moments de la vie, mais a dû faire face à quelques coups durs aussi. Contrairement à vous deux, elle a conscience de sa fragilité. Cette fragilité que vous avez farouchement niée. Et c’est cette force là que je ne veux absolument pas perdre. La force de se savoir fragile, de connaître ses limites… l’expérience de vie qui rend plus sage, plus humble.

Ma petite Daya, tu es la flamme qui brûle en moi. Et je t’ignorais. Ma douce rebelle, tu es la colère qui gronde en moi, et je t’étouffais. Allez, venez, revenez, allons voir ce que la vie nous réserve encore de beau mais, cette fois-ci, restez bien près de moi et écoutons-nous ! 🙂

HP-DYSjonctée

Auteur : hp DYSjonctée

Dys, hp et en burnout sévère... parce que je n’en fais jamais rien à moitié.

3 réflexions sur « Mes ombres du passé… »

  1. Bonjour,
    Merci pour le partage de vos textes, de vos émotions intérieures, d’un certain intime aux résonances universelles. J’ai connu le Burn-Out il y a trois ans, ouvrant des brèches immenses dans le sol qui nous tenait debout jusque-là. Avec passion, empathie, fragilité et force immense, on avance puis tout vous claque à la figure, vous êtes épuisé et votre être, maltraité, pour mille et une raisons. Et c’est vrai que la voix de l’enfance, celle de l’adolescence et de notre vie d’adulte résonnent, vibrent, pour enfin grimper jusqu’à la cime de notre être profond. C’est déjà un très beau pas que de l’avoir accepté de venir. Et de leur donner vie dans un texte, un merveilleux exercice. Merci la vie!

    Aimé par 1 personne

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