EN BURN-OUT, MOI ?!

« Burn-out ?! Mais je suis HEUREUSE, profondément heureuse. Et le burn-out, ce n’est pas lorsqu’on n’aime pas son boulot ? »

Je suis en burn-out…. Il m’aura fallu cinq mois pour que cette phrase résonne en moi… JE – SUIS –  EN – BURN – OUT.

Le burn-out, quèsaco ?

Le burn-out est une conséquence du stress chronique. En cas de stress chronique, le cortisol est secrété de façon anarchique, l’organisme se dérègle. Le cortisol attaque, entre autres, les neurones, notamment au niveau de l’hippocampe (mémoire et orientation spatiale) et dans le cortex préfrontal (prise de décisions, gestion du temps, vision du futur, pensées positives, …). D’autres régions du cerveau sont également concernées et augmentent les symptômes (réactions émotionnelles disproportionnées, anxiété, perte d’appétit, troubles du sommeil, …). Voilà pour la théorie 😉

Si j’avais su…

Beaucoup me demandent comment je ne l’ai pas vu venir. J’avais déjà eu des signes avant-coureurs, c’est vrai : des grippes à répétitions, des migraines, un an d’eczéma sévère, des sautes d’humeurs qui ne me ressemblaient pas, troubles du sommeil, de plus en plus de difficultés à clôturer ce qui devait absolument l’être, … Je les ai totalement niés (par manque de connaissance) et je ne les ai réellement découverts qu’une fois qu’il était trop tard, en consultation, lorsqu’un neuropsychiatre me les a cités. Et puis, sincèrement, ne sommes-nous pas tous fatigués dans cette société de dingue ? N’avons-nous pas tous l’impression de « frôler le burn-out » ?  Le burn-out fait partie de ces « thèmes à la mode » dont tout le monde parle sans réelles connaissances du sujet. Les personnes concernées ont honte et se taisent, les autres pensent savoir et jugent. Certains jugent consciemment et « ne croient pas à ce genre de maladie », d’autres le font plus inconsciemment.

Non, je ne jetterai pas la première pierre. Si je pense sincèrement ne jamais avoir jugé sciemment quelqu’un en burn-out, je dois bien admettre que j’utilisais ce mot sans avoir aucune conscience de ce qu’il implique vraiment et cela suffit malheureusement à juger ceux qui en sont victimes. Comme la majorité d’entre nous, je n’avais pas une idée très précise de ce qu’est un burn-out mais cela ne m’empêchait pas de m’en faire une idée quelconque. Comme la majorité d’entre nous, j’étais épuisée du rythme quotidien sans trouver ça inquiétant. Comme la majorité d’entre nous, les valeurs qui m’ont été transmises durant toute mon enfance m’empêchent de ne pas « tout donner ». Et, tournons les choses dans le sens qu’on veut, à partir du moment où on est épuisé mais qu’on refuse de lâcher, on véhicule l’idée que ceux qui lâchent en font le choix ou, au mieux, n’y peuvent rien s’ils sont trop faibles pour ne pas craquer.

Est-ce que j’ai senti venir l’état dans lequel je suis ? NON ! Si seulement j’avais su… Par contre, cela faisait des années que je le disais en boucle : « je frôle le burn-out ». Je sentais effectivement que je n’arrivais plus à gérer tout ce qu’il y avait à gérer. Ce n’était nullement une menace, ni même une plainte, encore moins une réelle crainte… C’était un fantasme : un jour, j’allais m’écouter et me reposer sans culpabilité aucune. Aujourd’hui, je prends conscience que je banalisais totalement cette maladie, la réduisant à une prise de décision personnelle : JE décide de dire stop. Ni plus, ni moins qu’une rébellion projetée dans le futur qui permet d’adoucir le présent et de continuer… sans se rebeller. La vérité c’est que ceux qui font le choix de dire STOP, s’arrêtent à temps. Et bravo à eux pour le courage et la prise de conscience que ça demande ! Si vous attendez que votre corps vous dise réellement stop, parce que vous en êtes vous-mêmes incapable, vous risquez de tomber de bien haut en prenant conscience des dégâts.

Demain, je n’irai pas travailler…

C’est comme ça que j’ai commencé, sans avoir conscience de ce que ce genre de mécanismes signifiaient, à calmer des angoisses du soir en me disant « demain, je ne me lève pas » et à trouver l’énergie matinale en me disant « demain, je n’irai pas travailler ». Des années plus tard, ce jour arriva. Sauf que la réalité fût bien loin d’un simple « je ne me suis pas levée ce matin ». En novembre, j’ai passé la dernière semaine avant la Toussaint clouée au lit par un nième « syndrome grippal ». J’ai péniblement « survécu » à la semaine de congé avec les enfants avant de m’écrouler à nouveau le week-end de fin de congé. Evidemment, il était impensable d’être absente à la rentrée alors que je l’avais déjà été juste avant les congés. Qu’est-ce qu’on allait penser ?! A mes yeux, cela fait grandement partie du cercle vicieux. On est frustré et honteux d’être de plus en plus souvent malade, on met du coup de plus en plus d’énergie à aller travailler en étant malade et… on aggrave encore un peu notre état de fatigue. Je me suis donc rendue au travail parce que je ne POUVAIS pas être malade… Toujours cette impression d’avoir le choix, que ce n’est qu’une question de volonté. A midi, un collègue après l’autre me faisait une remarque : tu as l’air d’un zombie, il est écrit HS sur ton front, rentre chez toi, … J’étais apparemment la seule à ne pas être consciente de mon état d’épuisement. Mais j’ai fini par me résigner, je n’étais même plus capable d’aligner une phrase. Et je suis donc rentrée chez moi, je ne sais même plus comment…

J’ai passé deux mois dans cet état grippal : terribles douleurs dans les muscles (hypertonie sévère, je ne savais notamment plus soulever mes bras), prises de sang déréglées, incapable de tenir sur mes jambes, perte d’appétit total. Lorsque j’ai commencé à retrouver un tout petit peu de force physique, je me suis dit que le pire était passé mais, finalement, c’est seulement à partir de là que j’ai commencé à prendre conscience du burn-out à proprement parler. J’avais (et j’ai toujours) l’impression effrayante d’avoir grillé mes neurones. Je peux rester plusieurs minutes devant mon volant à essayer (le plus sereinement possible) de me rappeler comment on conduit… Je me suis même une fois assise côté passager en cherchant pendant une bonne minute après mon volant. Je vais aussi commencer une phrase et ne pas savoir la terminer car je n’ai plus aucune idée de ce que j’étais en train de dire (je sais, ça arrive à tout le monde, mais c’est devenu mon état normal). Je suis persuadée que quelque chose a eu lieu une heure auparavant alors que c’était la veille. Je suis prise de crises d’angoisses pour la moindre prise de décision (« que voulez-vous boire ?» me suffit déjà pour paniquer). Je ne supporte plus le bruit, la lumière, le mouvement, … Je suis devenue tellement incapable d’être en multi-tâches que même les gestes automatiques du quotidien (tels que se servir un verre d’eau) sont devenus impossibles si on me parle en même temps. Et ce ne sont que des exemples, la liste est longue. Autant dire qu’on a l’impression de complètement perdre la tête.

Mais après…

La solution ? Du repos ! Facile à dire mais difficile à mettre en place. Arrêter le travail est encore relativement facile (on se demande même pourquoi on a passé des années à tenir en se disant qu’on ne pouvait absolument pas se permettre d’être absent). De toute façon, notre état physique nous l’impose (d’où la facilité 😉). Il n’y a plus de choix à faire et, incapable de prendre position, c’est certainement ce que j’ai cherché (sans avoir conscience des conséquences). Mais après ? A part au niveau du travail, personne ne va vous forcer à arrêter. On s’acharne donc à rester une maman, une épouse, une bonne ménagère, une amie, … et finalement, on comble bien vite le temps qu’on passait au travail à tout simplement essayer de continuer à gérer tout le reste. Chose difficile car toute petite chose demande une énergie disproportionnée et du temps démesuré. Aller faire une petite course d’une demi-heure (non, non, pas une course à pied, juste le supermarché 😉) demande tellement d’énergie qu’on a besoin du reste de la journée pour récupérer. Bonjour le moral ! Sans s’en rendre compte, on est donc encore et toujours dans la lutte, même si on comprend bien vite le cercle vicieux dans lequel on est : dès qu’on recharge un minimum nos batteries, on se met en route, sachant très bien que ça signifie qu’on va à nouveau se retrouver à zéro. Mais on ne lâche pas car on s’accroche désespérément au peu d’estime de nous-mêmes qu’il nous reste et les choses ne font que s’aggraver. On en a conscience mais on n’a pas l’énergie, la connaissance de soi, les armes nécessaires pour renverser la vapeur.

Petit à petit, une phobie sociale s’installe. Je n’arrive plus à faire face à la foule car trop de bruits et de mouvements me font perdre la tête, je n’arrive plus à faire face à des conversations de groupe car ma mémoire et ma concentration m’en empêche, je fuis les « comment vas-tu ? » car y répondre demande une certaine contenance que je n’ai plus. Je ne maîtrise plus mes attitudes, mes paroles, mes réactions. Petit à petit, on s’isole complètement. On perd toute confiance en nous-mêmes, on est incapable de mettre des mots sur notre souffrance, on fuit. Les bons jours, on réapparaît pour rassurer notre entourage avant de sombrer à nouveau.

Le déni, la colère, l’acceptation…

Dans la plupart des cas, le repos ne suffira donc pas et il va falloir faire un énorme travail sur soi-même, comprendre comment on fonctionne, comprendre comment on a pu se pousser aussi loin. Car le réveil est difficile. Quand on se regarde dans un miroir et qu’on voit les dégâts, on se demande comment on a pu se pousser aussi loin. On est réellement « mis à terre ». Il faut donc déjà des mois de « travail » pour accepter la situation, avant de pouvoir faire le pas suivant qui est de comprendre et, finalement, se reconstruire en mettant en place des outils qui permettront de ne pas rechuter. Car, disons-le, les rechutes sont très fréquentes.

Accepter la situation, cette première étape est déjà un vrai parcours du combattant. Ma première réaction quand on m’a dit que j’étais en burn-out ? Le déni ! Je me revois encore en consultation quand le verdict est tombé : « Burn-out ?! Mais je suis HEUREUSE, profondément heureuse. Je suis entourée : mon mari, mes enfants, ma famille, mes amis, … Et puis, le burn-out, ce n’est pas lorsqu’on n’aime pas son boulot ? Je travaille sept jours sur sept, certes, mais j’adore mon métier, c’est une véritable passion pour moi. Je n’ai pas l’impression de travailler. Et puis, je sais prendre le temps, si, si ! J’ai un côté philosophe, je suis une rêveuse, une utopique, je relativise tout ce qui ne met pas notre santé ou bonheur profond en péril, j’adhère à la bienveillance et à la pensée positive. Je ne rêve pas d’une maison-musée et accepte un désordre plus que raisonnable (et c’est un euphémisme 😉), je suis l’antipode du stress (pensais-je 😉)…

Pourquoi le déni ? Cela faisait un mois que j’étais en congé de maladie, je me nourrissais que très peu (20kg de perdus en quatre mois), j’avais toujours ma tête de zombie, tout le monde s’inquiétait et – finalement – j’étais « juste fatiguée » ? C’est étrange, moi qui déteste le jugement, moi qui serais la première à prendre la défense de quelqu’un atteint de burn-out en disant que ce n’est pas de sa faute, que c’est une vraie maladie ; j’ai été incapable de la même tolérance envers moi-même et je me suis retrouvée piégée par des stéréotypes qui brouillaient totalement mes pensées : « je suis juste fatiguée ? ; c’est de ma faute alors tout ceci ? ; je suis pas assez forte pour encaisser ce que tous les autres encaissent sans broncher ? Je ne suis pas malade pour de vrai ? C’est juste moi ??? ».

Ma deuxième réaction était en totale contradiction avec la première. Après avoir passé plusieurs minutes à crier que tout allait bien, je me suis mise à citer tout ce qui n’allait pas. Comme si on venait de m’accuser ouvertement d’être faible, je me suis mise à justifier mon état par tous les moyens : « ok, oui, je suis épuisée, mais vous savez, j’ai des enfants, petits et grands… des chats… des cobayes… un poisson rouge 😉 ». Mais le neuropsychiatre ne m’a même pas laissé parler. Il me rendait dingue à ne pas vouloir entendre ce que je faisais sur une journée. Non parce que, ok, tout le monde est fatigué mais quand même, si j’en suis là, c’est peut-être parce que ma vie est particulièrement épuisante alors mince, qu’on me laisse une chance de me défendre ! Il m’aura fallu des mois pour lâcher cette pensée et pour comprendre que ce ne sont pas les faits qui mènent au burn-out mais la façon dont on y réagit. Je me suis poussée loin, très loin. Et ce n’est ni un signe de courage, ni un signe de faiblesse. C’est juste la preuve que je suis incapable d’entendre mes besoins, incapable de reconnaître mes limites, incapable de prendre soin de moi. Prouver que j’avais de quoi être épuisée ne m’aidera pas. La véritable question est pourquoi je n’ai pas su m’arrêter à temps. Si je ne travaille pas ma personnalité, je resterai sujette au burn-out toute ma vie.

Cette acceptation est le premier pas vers la guérison et demande déjà énormément de temps, d’énergie et de remise en question. Et l’état d’épuisement et de « chamboulement neurologique » dans lequel on est ne simplifie pas les choses pour attaquer tout ça. Mais ce n’est qu’à partir du moment où on lâche les faits et où on accepte de se concentrer sur soi, qu’on peut enfin se poser les bonnes questions et entamer un vrai travail de guérison.

Il m’aura fallut plus de quatre mois pour y arriver. Et cette acceptation est loin d’être définitive, ce serait trop facile 😉 Les jours où on sort de thérapie par exemple, quand on vient de faire un effort presque surhumain pour aller fouiller dans ce qu’on fuit depuis toujours (soi-même, tout simplement), qu’on rentre à la maison et qu’on a les enfants qui crient ou qui pleurent, la maison en dessous de tout, des « mamaaaans » toutes les trente secondes, les problèmes scolaires, le quotidien mal organisé, il est très facile et très tentant de faire un pas en arrière et de se réfugier derrière les faits : vous avez vu le désordre ? vous entendez le bruit ? Comment voulez-vous que je ne sois pas en burn-out ?! On se met à rejeter la faute sur les autres, c’est tellement confortable : je suis en burn-out à cause de vous, à cause de ceci et cela, inutile d’aller fouiller là où ça fait mal. On s’en prend aux gens qu’on aime et on se déteste la minute suivante. Et on affronte la prochaine séance de thérapie parce qu’on ne veut pas devenir quelqu’un qui crie sans raison, qui met la faute sur les autres, qui décharge une haine venue de nulle part. On recommence à fouiller au plus profond de nous-mêmes.

Comprendre…

Voilà où j’en suis. Comprendre. En attendant, les symptômes persistent car je continue à me mettre en route dès que mes batteries atteignent suffisamment d’énergie que pour redémarrer. J’y pense à chaque fois que je laisse ma tablette se décharger totalement, à un tel point qu’il faut la laisser plusieurs minutes sur secteur avant qu’elle ne s’allume. J’appuie sans aucune patience sur le bouton de démarrage, ne lui laissant pas la moindre minute pour récupérer de l’énergie. Même si je vois cette tablette s’éteindre après quelques secondes et que j’ai conscience que je ferais mieux de la laisser un peu se recharger quelques minutes, c’est plus fort que moi. Vous connaissez ce besoin de rester maître de ce qui nous entoure ? C’est le même principe que d’appuyer dix fois sur le bouton d’ascenseur alors qu’on sait très bien qu’il ne viendra pas plus vite pour autant. Je fais exactement la même chose avec mon corps qu’avec ma tablette. Mais évidemment, en fonctionnant comme ça, j’ai peu de répit. Et je me retrouve à nouveau à zéro avant même de m’en rendre compte. Pourquoi je résiste autant ? Parce que quand j’accepte mon épuisement, je me sens en dépression profonde. Il n’y a que quand je retrouve l’énergie de faire quelque chose, quoi que ce soit mais quelque chose, que je retrouve le moral. Et quand je retrouve le moral, je me sens revivre et j’ai envie de faire plein de choses. Je nie à nouveau les symptômes physiques que je n’arrive décidément pas à déchiffrer et je m’écroule à nouveau. Je ne connais pas la demi-mesure. C’est tout ou rien avec moi.

Et les médocs ?!

Certains me pensent trop loin que pour m’en sortir sans médicaments. J’avoue être effrayé de voir à quel point les antidépresseurs sont valorisés. A un tel point que, finalement, ça devient presque ma faute si je ne vais pas mieux, parce que je refuse de me faire soigner. Beaucoup d’études tendent pourtant à prouver que les antidépresseurs n’ont aucun pouvoir de guérison sur le burn-out. Ils calment les angoisses et la dépression qui découlent du burn-out, mais pas le burn-out ! Et ce sont justement ces symptômes-là qui me poussent à affronter une thérapie. J’aimerais tellement fonctionner comme avant, reprendre ma vie et cesser de me sentir aussi dévastée, retourner dans ma « zone de confort » sans me poser trop de questions (luxe ultime pour quelqu’un comme moi qui fait tout pour ne pas se retrouver seule avec ses pensées). Donnez-moi une façon de remettre le couvercle sur mes émotions enfouies et je vais foncer tête baissée. Et j’ai déjà suffisamment avancé que pour savoir que je ne veux absolument pas rechuter et me retrouver à zéro. Je ne veux pas aller mieux chimiquement, nier toute cette souffrance qui explose en moi, et m’écrouler dans un mois – un an – même cinq ans… mais un jour ! Je suis à terre, je n’ai plus rien à perdre, alors j’affronte enfin des démons intérieurs que je m’épuise à fuir depuis toujours…

Apprendre…

Je ne sais pas m’écouter, je ne sais pas m’opposer, je me sens totalement inadaptée au monde dans lequel on vit, et pour le moment, la seule chose qui me permet de dire STOP, c’est que mon corps l‘exige. J’ai passé des mois à voir ce corps-qui-dit-stop comme un ennemi à combattre. Aujourd’hui, je le vois enfin comme un ami qui me protège en attendant que j’en sois capable par moi-même. En ayant mes batteries à zéro, je prends conscience de tout ce qui m’épuise dans mon fonctionnement propre. Si vous êtes riches, vous n’allez pas faire gaffe à la façon dont vous dépensez votre argent. Mais si vous avez tout juste de quoi « boucler le mois », vous allez très vite avoir conscience du moindre centime que vous dépensez mal ou inutilement. Vous apprenez à faire des choix judicieux et à cibler les priorités, les vraies. C’est pareil quand on a un burn-out. Chaque gaspillage d’énergie me saute aux yeux car je me retrouve immédiatement à terre. Tant que j’étais en lutte, je ne savais pas en tirer la moindre leçon. Je me victimisais en me demandant pourquoi j’étais à nouveau plus bas que terre. Accepter le burn-out, accepter que le corps ait raison de dire stop, c’est se donner la chance d’apprendre. A chaque fois que je me retrouve à nouveau au fond du gouffre, je me demande pourquoi, j’essaie d’en tirer une leçon et grâce à ça, j’avance.

Je n’en ai peut-être pas l’air mais j’avance à grands pas dans la compréhension de ma maladie et de mon fonctionnement. Et je sais que la vraie clé est là. C’est sûr, quand je suis au fond du gouffre, quand je me retrouve seule avec des angoisses indescriptibles, quand je ressens cette souffrance intérieure à en hurler, quand je n’ai plus les idées claires et que je me fais peur à moi-même, je doute de mon choix. Mais à chaque fois que je retrouve la force de remonter la pente, j’analyse, j’apprends et j’ai la certitude de progresser, la certitude que ma guérison doit passer par là et que, un jour, ce sera une chance à mes yeux d’avoir été victime d’un burn-out.

HP-DYSjonctée

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